Alors que
Rien à Déclarer a pris la tête du box-office en France et en Belgique, le merchandising également marche du tonnerre : la BD du film a fait son entrée dans les meilleures ventes.
Comme toute superproduction qui se respecte, la sortie du nouveau film de
Dany Boon, s'est accompagnée d'une importante campagne de marketing et de merchandising. La sortie nationale du film le 2 février a donc notamment été doublée de la sortie d'une adaptation BD disponible jusque dans les rayons des supermarchés.
Delcourt récidive ainsi après le succès de la BD des
Ch'tis, vendue à près de 100 000 exemplaires. Elaborée en partenariat avec
Dany Boon, l'ouvrage est signé par des spécialistes de la BD commerciale. Pierre Veys, déjà adaptateur des Ch'tis pour le scénario et "
spécialiste incontesté de la parodie et de la bande dessinée d'humour " (c'est le communiqué de presse qui le dit), remet ça. Rudowski, dessinateur de l'incontournable Guide de survie de la grippe A, signe les illustrations.
Cela donne un résultat plutôt fidèle au film, au niveau de l'histoire, des personnages, et des gags. Les amateurs de l'humour naïf et gentillet de
Dany Boon trouveront donc là un bon palliatif en attendant la sortie du film en DVD. Les codes de la BD sont également respectés - sans révolutionner le genre - et on pourra aisément lire cet opus sans avoir vu le film au préalable.
Pour les plus réticents à aller voir
Rien à Déclarer, lire la BD leur permettra même une entrée en matière moins brutale, sans prendre le risque immédiat d'une séance de deux heures dans une salle obscure.
Faire rentrer
Dany Boon et ses amis dans des cases a aussi pour effet d'aplanir les personnages et les acteurs qui sont derrière. On perd donc les prestations de quelques savoureux seconds rôles (
Karin Viard,
François Damiens,
Bouli Lanners) et les moments de grâce de l'impénétrable
Benoît Poelvoorde. Mais cela a aussi la bénéfique faculté de gommer les grimaces et autres tics de
Dany Boon, et de rendre la lecture, si ce n'est agréable, tout du moins supportable.
Le principal atout de cette BD est de ne pas être un simple produit dérivé, mais de reverser les royalties de
Dany Boon et de la production à la Fondation de France via le
Ch'ti fonds (déjà alimenté par le merchandising des Ch'tis). Acheter la BD de Rien à Déclarer, c'est donc être charitable avec les Ch'tis en détresse. Mais aussi avec
Dany Boon, le premier d'entre eux, qui n'est pas à l'abri - à défaut d'un succès critique - d'un nouveau succès populaire.
Raphaël Pasquier
(10 Février 2011)Sélection d'articles sur le même thème :