Près de la moitié des 207 films français réalisés en 2011 ont été produits par des nouveaux venus sur le marché, selon une étude témoignant d'un taux de renouvellement rapide de la profession, à la limite de l'éphémère.
L'an passé, 95 films majoritairement français dans leur financement ont été produits par des producteurs "entrants" sur le marché: 67 de ces films étaient une première production de long métrage et 28, des "deuxièmes films" de leur producteur, selon cette enquête publiée par la revue professionnelle Ecran Total à l'occasion du 12ème festival de "l'Industrie du rêve" qui réunit les métiers techniques du cinéma à partir de mercredi à Paris (1-4 février).
"Depuis 2006, et malgré un creux dans les années qui ont suivi, une centaine de nouveaux producteurs arrivent chaque année sur le marché et, chaque année, la moitié disparaissent", pas forcément les mêmes, dit Anne Bourgeois, déléguée générale du festival.
"Depuis deux ans surtout, la profession de producteurs s'est beaucoup diversifiée et les entrants viennent de parcours très différent" ajoute-t-elle.
Selon l'étude d'Ecran Total conduite de septembre 2011 à janvier 2012, sur 451 producteurs entrants (1er et 2e films) entre 2006 à 2010, 200 ont cessé la production (soit 44%).
Dans le détail, sur les 112 nouveaux producteurs de 2006 (année record) 37 n'ont plus rien produit après cette année-là; en 2010, sur 84 producteurs entrants, 59 n'ont plus rien produit au-delà.
Pour 45 des 95 producteurs entrants associés à l'étude, basés à 80% à Paris même (6% en province), l'âge moyen est inférieur à 44 ans et le budget moyen de leur film tourne autour de 5,9 millions: sept dépassent les 13 millions, mais 24 se situent entre 1 et 4 millions.
Ils ont souvent produit un court métrage (65,6%) avant de se lancer dans le long, ou des clips et des pubs (19%), voire des documentaires pour la télé (8%).
L'enquête met également en exergue l'extrême diversité des parcours de ces nouveaux producteurs: 36% ont suivi des études universitaires (philo, lettres, sciences humaines) et 21% se disent "formés sur le tas".
Les autres sortent d'écoles privées de cinéma (17%) ou d'école pro comme la Fémis (6%), d'écoles d'ingénieurs, d'archi, de prépa littéraires ou d'écoles de commerce.
Enfin, dernier élément qui intéresse tout particulièrement les professions techniques du cinéma: 68% ont tourné ou post-produit leur film à l'étranger, soit pour des "raisons artistiques" de scénarios, décors ou langage (56,6%), soit pour des raisons financières (43,6%).
"L'Industrie du rêve" se concentre cette année sur les relations entre les producteurs et techniciens du cinéma.
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