Un décret renforce le soutien public au cinéma indépendant

 
Un décret et quatre arrêtés, fruits de deux années d'intenses débats et très attendus par la profession, renforcent le soutien public au cinéma indépendant, garantissant les producteurs et encourageant les auteurs.

Le texte, imprimé au Journal officiel daté du 6 février et signé du ministère de la Culture, porte sur la "modification du régime de soutien financier" aux oeuvres cinématographiques par le biais du Centre national du Cinéma (CNC) français.

Il relève le taux de retour sur recettes affectés aux films français en fonction de leur nombre d'entrées en salles et singulièrement celui alloué aux petites productions, fait-on valoir au ministère de la Culture.

Ainsi, les sommes reversées sont relevées jusqu'à la limite des cinq millions d'entrées, cap que peu de films hexagonaux atteignent. En 2010, seul Les Petits Mouchoirs, de Guillaume Canet, a franchi la barre.

"Jusqu'à 3 millions d'entrées, le taux reversé aux productions sera d'un peu moins d'un euro par billet vendu, puis de 0,6 euro... jusqu'à arriver à un taux vraiment symbolique au-delà des cinq millions" d'entrées, selon le ministère. Alors que tous les films étaient jusqu'alors indistinctement soutenus, même en explosant le "box-office".

"Sur cette somme, 150.000 euros seront garantis d'office au producteur délégué, celui qui prend tous les risques pour faire aboutir le film, quitte à y aller de sa poche", précise la même source.

Ce texte entend répondre aux préoccupations du Club des Treize, un groupe de travail indépendant réunissant scénaristes, réalisateurs (Jacques Audiard, Pascale Ferran, Claude Miller), producteurs, distributeurs.

L'idée datait de 2007 quand, à l'issue des César, Pascale Ferran, cinq fois primée pour son Lady Chatterley, déplorait publiquement l'abandon dans lequel se trouvait, selon elle, le "cinéma du milieu", celui entre "blockbusters" américains et petits films accouchés par la grâce du système D.

Les autres mesures détaillées dans les arrêtés concernent l'aide à l'écriture de scénarios, la rémunération "transparente" des auteurs et le relèvement de l'avance sur recettes versée par le CNC aux deuxièmes films : 150.000 euros (comme les premiers films) contre 75.000 jusqu'ici.

Les organisations - associations et syndicats - représentant les différents métiers, regroupées dans le Bureau de Liaison des 0rganisations du Cinéma, ont salué lundi ces textes qui créent "d'importants outils" au service des auteurs et des producteurs.

(7 Février 2011 - Afp)

© 2011 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

Sélection d'articles sur le même thème :

Vos commentaires

 
 

    Et aussi...