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Violences en Libye: le réalisateur du film se cache, selon un collaborateur

Le réalisateur du film qui a provoqué de violentes manifestations antiaméricaines en Egypte et en Libye, où elles ont coûté la vie à l'ambassadeur américain, est "bouleversé" et se cache par peur d'être tué, a déclaré mercredi un consultant qui a travaillé avec lui.
"Il est bouleversé par le meurtre de l'ambassadeur" Christopher Stevens, a assuré à l'AFP Steve Klein, soulignant qu'il avait parlé au téléphone à Sam Bacile --un pseudonyme, selon M. Klein-- plus tôt dans la journée, mais qu'il ignorait où il se trouvait.

Quand le réalisateur a été mis au courant de la mort de l'ambassadeur américain en Libye, "il s'est effondré", a souligné M. Klein, qui a affirmé être l'une des 15 personnes à l'origine du long-métrage "L'innocence des musulmans".

M. Bacile devait d'abord appeler son film "L'innocence de Ben Laden" et l'avait réalisé dans le but de convaincre les musulmans de renoncer à la violence, a précisé M. Klein.

Sam Bacile s'est dit inquiet pour des membres de sa famille en Egypte qui "se cachent eux aussi", a-t-il poursuivi.

Le film avait été diffusé à Hollywood il y a trois mois sans attirer l'attention, a-t-il ajouté, exprimant son choc à propos des violences que le long-métrage a généré depuis.

Selon M. Klein, Sam Bacile pourrait connaître le même sort que le réalisateur néerlandais Theo Van Gogh, qui avait été tué en 2004 après avoir créé la polémique avec un film critiquant violemment l'islam. "S'il révèle son identité, il sera sûrement" tué, a estimé M. Klein.

Ce dernier a précisé qu'il ne connaissait le réalisateur de "L'innocence des musulmans" que sous le nom qu'il lui avait donné lors de leur première rencontre: Sam Bacile. Selon la presse américaine, il s'agirait d'un promoteur immobilier israélo-américain, mais son nom était introuvable sur internet avant les événements des derniers jours.

"Je suis sûr que son vrai nom, c'est autre chose. Je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle il a choisi +Sam+ ou +Bacile+", a conclu M. Klein.

Ce film à petit budget se veut une description de la vie du prophète Mahomet. Des extraits, avec des costumes d'amateurs, un scénario confus et des décors artificiels, ont été postés sur internet ou diffusés sur des chaînes de télévision privées.

Des acteurs parlant anglais avec l'accent américain y présentent les musulmans comme immoraux, gratuitement violents et tournent en dérision le prophète Mahomet.

Son réalisateur qualifie l'islam de "cancer" dans un entretien au quotidien économique américain Wall Street Journal publié mardi. "L'islam est un cancer", déclare-t-il, ajoutant que "ce film est un film politique. Ce n'est pas un film religieux".

Selon M. Klein, "son idée était de les amener au cinéma, et ensuite de montrer le film sur Mahomet, la vérité, et d'essayer de convaincre une fraction de la fraction de dire: +Vous savez quoi, je ne veux plus jamais faire ça+".

M. Klein, ancien soldat de la Marine américaine et activiste chrétien, a par ailleurs affirmé qu'il ignorait la nationalité du réalisateur et qu'Israël n'avait rien à voir avec ce film.

"Je sais qu'il y a des rumeurs disant qu'Israël avait fait ce film. Non. Israël n'est pas impliqué. Il s'agissait de personnes privées, d'argent privé, Sam a réussi à faire du très bon travail pour coordonner toutes ces ressources. Il a fait un travail miraculeux. Ce gars est un génie", a-t-il encore lancé.

Le film, qui dure deux heures, a été réalisé avec une soixantaine d'acteurs et 45 personnels techniques. Il a été tourné en trois mois en Californie l'année passée.



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