Bande-Annonce 19

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Résumé

Un film de , avec , , SYNOPSIS : Une route, à la périphérie de Tokyo. Un jeune homme sur un scooter se fait arrêter par un trio énigmatique qui roule à bord d’une voiture volée. Sans raison, ils kidnappent le garçon et l’entraîne dans une balade sans but précis, qui mène ravisseurs et victime dans les banlieues de Tokyo. Otage consentant, Usami suit docilement les trois garçons, tentant d’abord de s’échapper pour ensuite se laisser séduire par le volubile leader du groupe et ses étranges acolytes, l’un philosophe à ses heures, l’autre aussi muet que violent. D’abord absurde et légère, la promenade prend bientôt des accents nettement plus tragique lorsque Usami, fasciné par ses kidnappeurs, passe du rôle de victime à celui de complice. L’AVIS DE LA REDACTION : Takeshi Kitano a peut-être trouvé l’un de ses héritiers en la personne de , auteur de ce premier film très elliptique, où l’on sent poindre la très nette influence de SONATINE. Trois types un peu louches à bord d’une voiture de luxe abordent un jeune étudiant en scooter. D’abord méfiant, ce dernier consent à les escorter, avant de se faire kidnapper manu militari et de se retrouver à son insu sur le siège arrière de la berline, sans la moindre possibilité d’échapper à ses ravisseurs. Qui sont d’ailleurs ces trois hurluberlus aux manières peu orthodoxes ? Des yakusa en villégiature ? Ou simplement trois paumés qui cherchent à tuer le temps ? On attend toujours la réponse, tant le propos est peu démonstratif… Inspiré d’une histoire vraie (cette mésaventure est arrivée à un ami du réalisateur), 19 - l’âge de Watanabe lorsqu’il réalisa son premier court-métrage, dont il s’agit ici de la version longue… ne cherchez pas d’autre rapport avec le film ! - tend vers l’épure et l’abstraction. Nos trois lascars - l’un philosophe et photographe à ses heures qui ne cesse de rire sans raison, l’autre mutique et violent retranché derrière ses lunettes noires, le troisième au look de gigolo qui rappelle le personnage central des films de Aoyama Shinji - errent sans but, entre couloirs de supermarché, cafétérias de station-service et grève désertée. Leurs occupations ? Manger, fumer, boire un Max-Coffee, voler une voiture quand l’humeur leur en dit... Et surtout inventer des jeux absurdes, comme ce colin-maillard improvisé sur la plage qui consiste à frapper une pastèque à l’aide d’un gourdin (en réalité la tête de leur nouvel otage ensablé jusqu’au cou) ou à tendre le sac à dos de leur victime, entre-temps devenue consentante, aux chimpanzés d’un zoo. Le film de use de cet humour un peu sadique, de ce regard tendre-amer et de cette esthétique de la désinvolture chers à Kitano. On y retrouve également les codes du western urbain : des personnages qui prennent la pose, petites frappes sans envergure qui jouent les durs et finissent par fasciner. Avouons que cette bande de doux-dingues ne nous est pas foncièrement antipathique. On se délecte du statisme de la mise en scène et de la gratuité apparente du scénario, regrettant presque l’événement superflu qui vient rompre le statu quo et faire basculer le film dans un drame qui n’avait pas lieu d’être. Premier long-métrage,19 est un petit chef-d’œuvre de non-sens et de non-action, qui séduit jusque dans ses défauts formels, caprices de débutant: image granuleuse puis délavée ensuite dans une monochromie blanchâtre, coupures sèches entre chaque séquence… Le tout agrémenté d’une bande-son électro-rock qui livre sa part d’expérimentation. Le film se cherche, puis finit par trouver son rythme de croisière, pour nous laisser sur un dénouement en suspens ouvert à toutes les interprétations. 19 a décidément tout d’un Kitano débutant ! Laurence Berger L’AVIS DE LA PRESSE : Studio Magazine : "Image surexposée, fondus au noir, cadre recherché, effets sonores (…) donnent un style à ce film. Mais l'intrigue sybilline est trop mince pour capter l'intérêt." M.R. (article entier disponible dans Studio Magazine n°191, page 30) Première : "Entre road-movie contemplatif (…) et pseudo-miroir sociétal (…), 19 lorgne très fortement sur Kitano : la violence inopinée et l'absurdité de certaines situations sont clairement des figures takeshiennes." C.N. (article entier disponible dans Première n°317, page 39.) Les Cahiers du cinéma : "La rock'n roll attitude qu'il s'acharne à tenir d'un bout à l'autre du métrage (…) peine à réduire au silence un criant héritage : la visible omniprésence d'un père, Kitano, dont l'ombre plane sur 19 jusqu'à l'étouffer." Jean-Philippe Tessé (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°581, page 86). ENTRETIEN AVEC KAZUSHI WATABE : 19 est inspiré d’un fait divers réel. Dans quelle mesure avez-vous dû vous éloigner de la réalité pour écrire le scénario ? Ce fait divers est passé un peu inaperçu dans les médias. On ne sait pas ce que sont devenus les trois kidnappeurs… Le début du film et la scène finale sont totalement fidèles à la réalité. Tout le reste est imaginé. J’ai gardé la structure générale de mon court métrage, mais en donnant de l’épaisseur aux personnages… Et en faisant tout pour que mon film n’est pas l’air exclusivement japonais. En fait, je ne voulais pas particulièrement exclure les éléments japonais du film, mais je voulais m’éloigner de l’univers de la plupart des films japonais grand public. Les images inintéressantes, plates, le jeu stéréotypé des acteurs, toutes ces choses qu’on voit trop souvent au Japon, voilà ce que je voulais éviter. Mais ça n’a rien à voir avec une rébellion anti-japonaise. Pourquoi avoir choisi de jouer le chef des kidnappeurs ? La première raison, c’est parce que je jouais déjà ce rôle dans le court-métrage. Et puis, en jouant et réalisant, je pouvais être payé d’avantage ! (rires) C’est après m’avoir vu dans la version courte de 19 que Takeshi Miike m’a proposé le rôle dans son film Visitor Q. Dans le film, les trois gangsters n’ont pas de noms. Mais dans le scénario ils ont otus des noms de régions : Yokoham, Kobe et Chiba. Au Japon, plus on est proche de quelqu’un, moins on prononce son nom. En écrivant les dialogues, j’ai cherché à leur donner le plus de vérité possible et j’ai donc éliminé tous les noms. J’ai appliqué ce même souci de vérité au jeu des acteurs, particulièrement avec Daijiro Kawaoka, qui joue Usami. Pour en revenir aux villes, c’était juste un moyen pratique pour que les acteurs se reconnaissent. C’était mieux que de les appeler Mec n°1, 2, 3… Et ça constituaient un indice sur chacun des personnages. En regardant le générique du début, son montage, son rythme, on pense beaucoup aux westerns spaghetti de Sergio Leone. C’était effectivement ma référence quand j’ai tourné cette séquence. Et dans l’une des dernières scènes, sur la plage, j’ai demandé à l’équipe de faire voler plein de sable, comme dans les films de Leone. J’adore les westerns, ceux de Leone et de Peckinpah en particulier. Mon prochain film sera d’ailleurs un mélange entre l’univers des westerns type La Horde Sauvage et les films de science-fiction. FICHE ARTISTIQUE : . FICHE TECHNIQUE : Réalisation et Scénario : Production : , et Image : Mazakazu Oka Lumière : Hideaki Yamakawa Décors : Masahide Kawanara Montage : Yoshio Sugano et Effets sonores : Kouya Sato Une production GAGA Communications Inc.
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