Bande-Annonce Slogans

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Résumé

Voir l'interview du réalisateur Voir l'interview de la comédienne Luiza Xhuvani Un film de , avec Luiza Xhuvani, Artur Gorishti, Agim Qirjaqi et Birçe Hasko D'après le livre de Ylljet ALICKA , "LES SLOGANS DE PIERRE". SYNOPSIS Fin des années 70. André, jeune professeur de biologie venu de Tirana, prend ses nouvelles fonctions dans une école élémentaire d'un village reculé des montagnes albanaises. Il découvre que la principale activité du directeur de l'école est d'attribuer à chaque classe un slogan politique. Entre "GLOIRE A L'ESPRIT REVOLUTIONNAIRE" et "L'IMPERIALISME AMERICAIN ETS UN TIGRE DE PAPIER", André, face à la réaction de ses élèves, comprend vite qu'il dot choisir le plus court : les lettres devront être formées en pierre et alignées, aux prix d'un effort exténuant, sur les flancs des montagnes par les enfants et leur maître. Ces "devoirs politiques" rythment la vie du village de manière aussi comique qu'inattendue et feront naîtrent une histoire d'amour entre André et la jolie professeur de français, Diana. Sous le regard paranoïaque du secrétaire du Parti, les moindres rumeurs et les plus petites rivalités de cette communauté prennent un tour tragi-comique. Mais c'est avec la préparation de la venue dans la région d'un haut dignitaire politique que l'absurdité du régime de la dictature d'Enver Hoxha atteindra son comble et dévoilera son vrai visage. L’AVIS DE LA REDACTION : Inspiré de la nouvelle de Ylljet Aliçka, Les slogans de pierre, le film de s’inscrit dans une certaine tradition de " réalisme social ", propre au cinéma d’Europe de l’Est. Pour son deuxième long-métrage, le réalisateur nous confronte à une réalité brute : la condition du peuple, des petites gens, dans les campagnes albanaises de la fin des années 70. Cinématographiquement, l’œuvre est d’une relative pauvreté : un décor abrupt, une image dénudée… Par contre, SLOGANS tire son intérêt d’une mise en scène très réussie, associée à une thématique particulièrement riche d’enseignements. Tandis que le régime communiste d’Enver Hoxha assoit sont emprise dogmatique, de jeunes enseignants, formés dans les écoles de Tirana, sont chargés de colporter l’idéologie jusqu’aux confins les plus reculés du pays. Une idéologie martelée à coups de slogans tapageurs, outrancièrement exhibés en lettres de pierre, à flancs de montagnes, comme pour mieux en dissimuler le vide inhérent. Tout comme la religion a besoin de ses idoles, le communisme (sur)vit de ses symboles, titanesques de préférence… semble nous dire , portant sur cette période " décadente " de l’Histoire albanaise un regard à l’ironie saillante. Le Parti pense avoir la mainmise sur le quotidien des habitants, s’insinue jusque dans leur vie privée, bannissant tout élément subversif. Mais en réalité, le régime n’est qu’un colosse aux pieds d’argile, et ces petits cailloux blancs, alignés par des enfants, au prix d’un harassant labeur, et censés représenter la voix du peuple, sont en quelque sorte les stigmates de son impuissance. SLOGANS souligne très bien cette contradiction, s’engouffre dans les failles, dans l’absurdité du système, avec une dérision tragi-comique qui fait sourire à chaque instant. Les membres du bureau politique sont présentés comme des pantins dérisoires et fantoches, à la botte d’un régime qui les méprise autant qu’il les soumet, ce qui donne lieu à quelques scènes savoureuses : la venue d’un haut dignitaire, par exemple, prend des allures de carnaval pathétique ;tandis qu’un vieux militant, fier d’asséner son slogan " Le Vietnam vaincra " apprend, éberlué, que la guerre du Vietnam est finie depuis dix ans… se défend d’être un cinéaste " engagé ", ce qui ne l’empêche pas de livrer un édifiant témoignage historique, captant avec une grande acuité les expressions de personnages qui, dans un tel climat de suspicion paranoïaque, n’ont d’autre choix que la résistance passive. Nul doute que les masques finiront par tomber. Mais si l’Albanie vit en Démocratie depuis 1991, ces fameux " slogans ", eux, résonnent encore dans toutes les mémoires… Laurence Berger FICHE ARTISTIQUE : André : Arthur GORISHTI. Diana : Luiza XHUVANI. Directeur de l'école : Agim QIRJAQI. Sabaf Secrétaire du Parti : Birçe HASKO. Selman Tosku : niko KANXHERI. Festim Tosku : Festim CELA. Llesh : Robert NDRENIKA. Lumé La Brigadière : Rita LADI. Gjin : Marko BITRAKU. Pashk : Fadil KUJOFSKA. Mira : Mirjana DEDI. Sélection Officielle - 33eme Quinzaine Des Realisateurs - Cannes 2001
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