Bande-Annonce Un petit cas de conscience

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Résumé

Un clan de vieilles copines (qui vont aborder la cinquantaine avec beaucoup d'enfance encore) se prend les pieds dans le tapis d'un fait divers : deux d'entre elles, qui vivent ensemble, sont victimes d'un cambriolage dans leur maison de campagne. Le scénario suit l'investigation et les commentaires des différents protagonistes, conduit comme une enquête sauvage, avec le suspense de rigueur, pour n'aboutir qu'à un vertige : où est la vérité, et surtout quelle est la juste cause ? Puisque chaque conduite, chaque point de vue, pavé de bonnes intentions, a son enfer de cohérence. L'événement fait exploser des sensibilités déjà exacerbées par des options de vie et des choix politiques différents, des jalousies peut-être, l'usure du temps... L' AVIS DE LA REDACTION: Le premier film de est un objet hirsute. Malheureusement il se révèle vite dépassé par ses propres ambitions. Le jeu des comédiens (les cents pas, les bras ballants qui cherchent à occuper l'espace) et les réactions décalées choquent dès le début. Il est surprenant de voir , , … prendre faits et causes pour cette histoire qui nous ennuie vite. On a donc volé au couple Simone - Hélène une nappe indienne, une couverture marocaine, un pot de fleurs, une bouteille à moitié vide… et ce "fait divers" est brodé avec diverses tonalités dont la pertinence nous échappe. Hélène (), qui incarne la personnalité la plus distante interroge sa compagne qui prend elle les choses très au sérieux : "Voguerions-nous vers un psychodrame social ?". Hélas, l'ironie ne fait pas mouche. Les problématiques post soixante-huitardes sur la femme, la communauté, les petits bourgeois qui ont des cas de conscience et en auront toujours, plombent les dialogues à défaut d'une intrigue qui secouerait le tout. Le corps ouvrier dont parle la réalisatrice comme étant le personnage principal est en effet le seul point qui nous interpelle - avec la gêne qui en dit long - mais le film est centré sur le portrait de groupe féminin (pas plus avantagé que les hommes!). Or, l'auto-dérision, les agitations, les attitudes réflexives de ce groupe aléatoire deviennent pesantes. Le résultat reste de belles énergies gâchées pour un petit cas de conscience. Maryline Poux NOTES DE LA REALISATRICE Sur les thèmes du film: "(l'histoire) était aussi un formidable pivot pour parler de la possesion, de la propriété privée et surtout de comment on fait avec la pauvreté, et avec sa conscience à ce sujet délicat. Ce film est, je crois, pour moi une façon de témoigner de ma douleur d'être passée d'un côté à l'autre. D'avoir en quelque sorte trahi en "entrant dans le système" après avoir tellement dit et juré de ne jamais y rentrer. (…)Les quatres filles sont les représentantes d'une géneration qui a connu des extrèmes, côtoyé l'utopie et qui aujourd'hui représente cette classe sociale, à laquelle j'appartiens, pour aller vite et faire gros: "petite bourgeoisie de gauche." Le personnage principal: "Si personnage principal il ya a, c'est certainement celui qu'on ne voit pas, celui dont on parle, c'est l'Arlésienne. C'est en quelque sorte le corps ouvrier, le peuple abrupt, celui qu'on entrevoit juste dans la scène entre Ingrid Bourgoin et qu'il vient déranger, importun : un corps érotique, violent, gênant, envahissant à qui l'on demande de se retirer, paecrque l'on trouve de trop." Jouer la comédie: "Tant qu'à être dans le film, il me semblait évident de jouer ce qui était mon propre rôle dans l'anecdote d'origine.(…) (Vis-à-vis de Dominique et Calire) Je me disais "si elles me voient me supporter et m'exposer telle que la nature m'a faite, à en jouer, cela les aidera à se jouer d'elles aussi. J'étais d'ailleurs parfois accablée par les responsabilités que je leur faisais prendre vis-à-vis de leur propore image et de leur "respectabilité". Car il fallait qu'elles s'abandonnent à un certain comique, en pariant qu'il les transcenderait , comme il me transcenderait moi-même jusqu'à atteindre l'archétype, passer le mur du son et de l'image, filer dans la représentation." DES CINÉASTES DEVANT LA CAMÉRA: : "(…)Comme acteur, tu es à l'intérieur de l'espace, tu traverses la mise en scène, alors qu'en tant que réalisateur tu la projettes. En jouant, les acteurs font de la mise en scène, c'est quelquechose que j'ai toujours su dans mon travail de cinéaste mais en le vivant de l'intérieur, j'ai commencé de le comprendre peut-être mieux..(…)" : "Parfois je regardais l'équipe et comme toute équipe vue du centre de la scène, ils avaient l'air totalement occupés par des peoblèmes subalternes. Ils étaient comme des gens qui courent autour de la piscine alors que l'enjeu, c'est de nager dans la piscine. Et moi il fallait que je saute dans la piscine et j'en avais envie, j'avais envie d'être comme De Funès.(…) : "(…)De fait nous n'avions pas à composer : je sais que Marie-Claude m'a demandé de jouer Mario dans son film à cause de ma façon d'être, de mon physique, de mon allure, de mon accent parce que quelque part j'avais à voir avec le vrai Mario de la vraie histoire. C'est cela qui l'intéressait. Moi-même en tant que réalisateur j'aime choisir les comédiens pour ce qu'ils sont en tant que personne et j'utilise leur manière d'être pour leur faire jouer un personnage."
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