Semaine du 07 Août 2002 : 5 films en salles
Men in Black 2  Cinq années se sont écoulées depuis que nos deux agents ont évité une catastrophe intergalactique. K (Tommy Lee Jones) est retournée dans la vie civile, sa mémoire ayant été effacée concernant son passage chez les " Men In Black ", tandis que J (Will Smith) continue à travailler pour cette agence secrète. Au cours d’une enquête de routine J découvre un complot diabolique édifié par Serleena (Lara Flynn Boyle), un monstre cruel qui a pris la forme d’un superbe mannequin. J doit alors se retourner vers la seule personne qui puisse l’aider, son ancien partenaire K. Mais celui-ci a tout oublié et J va devoir employer tous les moyens pour le convaincre de redevenir un MEN IN BLACK… Men in Black 2  Un film de Barry Sonnenfeld, avec Will Smith, Tommy Lee Jones, Patrick Warburton, Rosario Dawson et Lara Flynn Boyle...
Joe Gould's Secret  Un film de Stanley Tucci, avec Ian Holm, Stanley Tucci, Hope Davis, Susan Sarandon, Hallee Hirsh
SYNOPSIS
New York, dans les années 40. Joseph Mitchell, célèbre journaliste du New Yorker, fait la rencontre de Joe Gould.
Gould est un personnage bohème : diplômé de Harvard, c'est pourtant dans les rues de Greenwich Village qu'il réside. Il y travaille à l'oeuvre de sa vie, l'Histoire Orale, une retranscription de tout ce qu'il entend au hasard de ses rencontres. Sans emploi, il dépend d'amis et de dons versés aux "Fonds Joe Gould" pour survivre.
La parution de l'article que Mitchell décide d'écrire sur lui pour le New Yorker apporte une certaine notoriété à Gould, compliquant ainsi leur relation.
Désormais Mitchell devra porter sur ses épaules le secret de Joe Gould.
L'AVIS DE LA REDACTION :
Une rencontre insolite entre deux hommes fascinants, Joe Mitchell et Joe Gould. A priori rien ne les destinait à se fréquenter. L’un est calme, intègre, père de famille. L’autre est égocentrique, original et colérique. L’un est journaliste, l’autre est un écrivain vagabond. L’un écrit la réalité, l’autre la rêve. Ces deux personnages, aussi banals qu’atypiques, sont liés par un seul élément : Greenwich village, le lieu des écrivains, des talents et des fantaisies.
Une relation très forte s’installe entre les deux Joe : Le premier admire l’autre, il s’en inspire et l’évite à la fois. Le second s’appuie sur le premier. Il en fait son point de repère après en avoir profité.
Cette accointance éphémère entre Mitchell et Gould changera mutuellement leur vie. Seul le secret de Joe Gould et la notoriété viendra la briser.
Joe Mitchell écrira un livre Le secret de Joe Gould, que lui seul détenait. L’énigme littéraire de ce Gould (que je tairai, bien entendu) décevra certains et séduira d’autres. Quoiqu’il en soit, son secret le rend d’autant plus extraordinaire.
Inspiré par cette histoire vraie, Stanley Tucci a traduit JOE GOULD’S SECRET à l’écran. Il en a fait un film authentique, tendre et émouvant, drôle et triste à la fois. Au grand plaisir du spectateur. On l’en remercie. Et en plus d’être un réalisateur talentueux, Stanley Tucci est un acteur confirmé. En témoigne sa brillante interprétation de Joe Mitchell.
Le film prend davantage intérêt dans la relation attendrissante des personnages que dans le secret de Joe Gould. Le titre du film se réfère au roman éponyme dont il est inspiré. Mais ce sur quoi le réalisateur a insisté, c’est la psychologie de ces hommes. Il la met en scène avec brio. On y croit, on est sensibilisé, on adhère aux personnages, à leur vérité, à leur mensonge, à leur vie… Pour cela, les acteurs se devaient d’être exceptionnels. Pari réussi, ils le sont, particulièrement Ian Holm dans la peau du mystérieux et génial Joe Gould. A noter également, la prestation remarquée de Susan Sarandon.
Côté décor, on appréciera le New York des années 40 : les bus, les taxis, les costumes, les bars... L’ambiance authentique est un atout majeur du film. Comme si on y était.
Malgré quelques longueurs, JOE GOULD’S SECRET est un véritable petit bijou que l’on admire les yeux grands ouverts. Joe Gould est un phénomène unique. Le genre de type qui vit dans les rues, mais qui ne les court pas !...
Emmanuelle Rey.
FICHE ARTISTIQUE :
Ian Holm : Joe Gould
Stanley Tucci: Joe Mitchell
Hope Davis : Therese Mitchell
Sarah Hyland : Elizabeth Mitchell
Hallee Hirsh : Nora Mitchell
Celia Weston : Sarah
Patrick Tovatt : Harold Ross
Susan Sarandon : Alice Neel
Patricia Clarkson : Vivian Marquie
John Tormey : Harry Kolis
Jack O'Connell : Chef
Jerry Mayer : Minetta Bartender
Nell Campbell : Tamar
Ron Ryan : Jack
Allan Corduner : Francis McCrudden
FICHE TECHNIQUE :
Réalisation : Stanley Tucci
Scénario : Howard A. Rodman
D'après l'oeuvre de : Joseph Mitchell
Photo : Maryse Alberti
Musique : Evan Lurie
Montage : Suzy Elmiger
Décors : Andrew Jackness
Costumes : Juliet Polcsa
Production : First Cold Press
Charles Weinstock Joe Gould's Secret  Un film de Stanley Tucci, avec Ian Holm, Stanley Tucci, Hope Davis, Susan Sarandon, Hallee Hirsh
Mille millièmes, fantaisie immobilière  Un film de Rémy Waterhouse, avec Jean-Pierre Darroussin, Patrick Chesnais, Irène Jacob, Grégori Dérangère, Guillaume Canet, Luis Rego, Suzanne Flon, Wladimir Yordanoff
SYNOPSIS :
L'assemblée annuelle des copropriétaires est la scène où se dénouent les drames dont un immeuble est le vivier. L'enjeu dépasse largement la simple "bonne gestion" tant le bâtiment qui abrite les passions en est imprégné...
L'AVIS DE LA REDACTION :
Après avoir "Réglé son pas sur celui de son père", Rémi Waterhouse revient sur nos écrans avec son second long-métrage où il décortique un véritable microcosme de notre société : une copropriété.
L’histoire se base sur une assemblée annuelle de copropriétaires… Ah ces fameuses réunions qui durent une bonne partie de la nuit, au cours desquelles chacun y va de son petit souci personnel, souvent bien loin de l’ordre du jour... A partir de là, le réalisateur nous invite à découvrir chaque protagoniste dans sa vie quotidienne d’après la réunion. Il joue ainsi avec le temps et la narration, se permettant des allers-retours temporels, qui nous ramènent au bout du compte à l’assemblée, où l’on revient chaque fois avec plaisir, connaissant un peu mieux les personnages qui l’animent.
Avec ce sujet en or, le spectateur (surtout le co-propriétaire) reste malheureusement sur sa fin. En effet, le thème est loin d’être exploité à son maximum, tant il y aurait de points, drôles et dramatiques à la fois, à traiter. Rémy Waterhouse s’attarde lui plus à décrypter les comportements, individuels et collectifs, de chaque habitant, de ses petites manies à ses fantasmes en passant par ses coups de gueule, qu’à jouer réellement sur les problèmes rencontrés lors d’une de ces réunions.
Chaque habitant du 28, rue des Oursins a pourtant un interprète de taille : Notons, par exemple, la présence de Guillaume Canet, Wladimir Yordanoff (remarquable en président du syndic), Patrick Chesnais, Irène Jacob ou Jean-Pierre Darroussin. Mais les énormes possibilités qu’offrent tant les comédiens que la situation sont mal utilisées et l’on ressent vite une certaine lassitude. Peut-être un manque de scènes comiques à proprement parlé… il est vrai qu’il s’agit d’une "fantaisie" immobilière et non d’une "comédie" immobilière. Une "Fantaisie" "se dit des objets fabriqués qui s’écartent de l’ordinaire et dont la valeur réside principalement dans la nouveauté, l’originalité." Le cinéaste réalise donc bien une fantaisie, le sujet étant traité pour la première fois au cinéma, de manière originale tant par le point de vue choisi, le jeu des acteurs que le système narratif… Et c’est peut-être là que le bas blesse, on s’attend à rire beaucoup, tant par le sujet que par les acteurs… et l’on sort de la salle déçu.
Rémi Waterhouse nous livre donc un second film qui s’apparente plus à une étude sociale de personnes qui tentent de vivre ensemble, qu’à une réelle satire de la copropriété et de toutes les situations qu’elle peut engendrer.
Alors pour ou contre cette "Fantaisie Immobilière" ? Le public votera…. Résultat dans les salles le 7 août prochain.
Amélie Chauvet
NOTES DU REALISATEUR :
Le deuxième film est le plus difficue, dit-on. Avez-vous eu des difficultés à vous lancer dans cette nouvelle écriture ?
"En réalité, RIDICULE est la première écriture que j’ai entreprise avec mon envie pour seule exigence. C’est-à-dire en me posant des questions de mise en scène puisque c’était ma première intention, et déjà avec la complicité d’Eric Vicaut. J’avais l’idée de traiter d’une assemblée de copropriétaires depuis longtemps déjà. Je me suis aperçu qu’en étendant le sujet à l’immeuble, on pouvait utiliser des procédés narratifs cinématographiques tout à fait intéressants, une chronologie discontinue, des allers-retours dans le temps, tout cela m’a donnée envie d’en faire un film."
Une réunion de copropriétaires, c’est un microcosme du genre humain !
"Oui, c’est vite un chaudron de passions humaines. Gérés par des professionnels, les problèmes de copropriété seraient réglés en une demi-heure. Mais dans une réunion annuelle où des particuliers aux histoires très diverses doivent se mettre d’accord sur des petits problèmes de vie dans un immeuble qu’ils habitent en commun, l’affectif est terriblement présent. Ça part en vrille très facilement.
Le lieu d’habitation qui est aussi notre patrimoine, c’est une association favorable aux fantasmes. Ce n’est pas un hasard si les questions de fluides corporels prennent une importance obsessionnelle : urine, merde, sperme, crachat, sueur, etc."
La diversité des personnages, leurs rapports sont un matériau formidable pour le scénariste. Il y a les différences d’âges, d’origines, d’affinités…
"Je voulais éviter le point de vue de l’entomologiste qui regarde dans la boîte. J’ai bien sûr imaginé une partie de l’assemblé assez polarisée sur les "histoires de gouttière et de paillasson" comme dit Jean-Louis, mais pour mettre en valeur une demi-douzaine de destins particuliers que l’on suit en dehors de l’assemblée. C’est très amusant narrativement : on se projette dans l’avenir, on voit ce que vivent les personnages, puis on revient à l’assemblée en cours. On découvre alors les attitudes des gens pendant l’assemblée à la lumière de ce qu’ils sont dans leur vie."
FICHE ARTISTIQUE :
Patrick Chesnais : Gérard
Jean-Pierre Darroussin : Patrick Bertil
Albert Delpy : Monsieur Maréchal
Grégori Dérangère : Vincent
Suzanne Flon : Madame Cartreux
Irène Jacob : Julie
Luis Rego : Monsieur Da Silva
Wladimir Yordanoff : Jean-Louis Lacroix
Guillaume Canet : Josselin
FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : REMI WATERHOUSE
Scénaristes : REMI WATERHOUSE & ERIC VICAUT
Producteur : MAGOURIC PRODUCTIONS
Lumière et Cadre : FRANÇOIS CATONNE, A.F.C.
Son : ALAIN CURVELIER
Co-producteur: DIAPHANA
Partenaires : TV M6 FILMS & CANAL + (POLOGNE)
Producteur délégué : LAURENT BENEGUI
L’AVIS DE LA PRESSE :
Les Cahiers du cinéma :
" (…) on sent bien que le film tranche avec l’ordinaire des comédies estivale par son casting bien pourvu, la sophisication de son montage non linéaire – décidément c’est la mode – et ses dialogues soignés. Mais on se désintéresse rapidemnt des micro-incidents qui rythment la vie de cet immeuble (…)."
L.B. (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°570, page 88).
CinéLive:
" Mais l’ambiance franchement mesquine qui l’emporte sur les "bonnes volontés" rend le tableau de ce raccourci de l’humanité sauvagement morose. La galerie de personnage dépasse rarement le stade de l’archétype en raison d’une écriture faiblarde et imprécise, où les situations ne sont qu’effleurées."
Emmanuel Cirodde (article entier disponible dans Cinélive n°59, page 54)
Télérama :
"Film "choral", comme on dit de nos jours, genre très à la mode et difficile à réussir, puisqu'il faut définir un personnage en quelques scènes, ne pas négliger l'un pour l'autre - un travail d'orfèvre... Rémi Waterhouse ne s'en tire pas trop mal. Mais il a plus de coeur que d'estomac. Ses personnages restent un rien trop étriqués pour être émouvants, même lorsqu'ils dévoilent leur solitude et leur mal-être."
Pierre Murat (article entier disponible sur le site de Télérama) Mille millièmes, fantaisie immobilière  Un film de Rémy Waterhouse, avec Jean-Pierre Darroussin, Patrick Chesnais, Irène Jacob, Grégori Dérangère, Guillaume Canet, Luis Rego, Suzanne Flon, Wladimir Yordanoff
Au bonheur des hommes  Titre original : HOMERES FELICES
Un film de Roberto Santago, avec Sergi Lopez, Aitana Sanchez Gijon.
SYNOPSIS :
AU BONHEUR DES HOMMES est une comédie acerbe sur un groupe d’hommes infantiles, machos et obsédés par le sexe. Leurs femmes sont fortes, intelligentes mais incapables de vivre avec eux.
L'AVIS DE LA REDACTION :
A en croire Roberto Santiago un homme est heureux quand il satisfait sa libido à l’extrême. Du sexe et encore du sexe sous toutes ses formes !
Voilà un film cru qui ose dire tout haut ce que les hommes aiment par dessous tout : la fellation. Dans l’ensemble, le scénario ne vole pas haut, c’est trop léger, sans grande réflexion.
Voir Sergi Lopez "sauter sur tout ce qui bouge" n’a pas beaucoup d’intérêt. Ses rapports conflictuelles avec sa femme sont peu réalistes et crédibles. Le couple Lopez-Sanchez manque réellement de puissance.
L’émotion ne passe pas et l’humour résulte souvent de situations ridicules déjà-vu, déjà-entendu.
Dans l’ensemble, AU BONHEUR DES HOMMES ne soulève pas de grande question et nous peint une nature humaine peu flatteuse et réductrice.
Clémence Grouillé
L’AVIS DE LA PRESSE :
Studio Magazine :
" (…) Malheureusement, il ne parvient jamais à donner du rythme à son film et les personnages traversent l’histoire sans vraiment exister."
T.B. (article entier disponible dans Studio Magazine n°180, page 32)
CinéLive:
" Etrangement, Roberto Santiago parvient à noyer le poisson du machisme assumé de son propose en saoulant son film de flash-back abscons, au point que le propos du film, régulièrement alourdi par des tunnels de dialogues, gagne en nébulosité ce qu’il perd de l’humour noir."
Grégory Alexandre (article entier disponible dans Cinélive n°59, page 60)
Première :
"Avec deux, voire trois décennies de retard, Santiago fait le procès du macho abruti et obsessionnel dans une comédie grasse et décalée, aux dialogues absurdes qui n’en finissent pas."
C.N. (article entier disponible dans Première n°306, page 43.)
Amour, Prozac Et Autres CuriositésL’histoire de trois sœurs que tout sépare : Rosa, Cristina et Ana Rosa, la trentaine, passe beaucoup de temps à travailler. Elle a tout réussis sur le plan professionnel, mais pas amical. Cristina, 24 ans, étudiante en lettres, partage un petit appartement avec un français. Ana est une mère au foyer que son mari et son fils ignorent.
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