Après son TALENTUEUX MR RIPLEY,
Anthony Minghella renoue avec le genre qui lui valu plusieurs Oscars pour LE PATIENT ANGLAIS, celui de la grande fresque romantico-historico-dramatique. RETOUR A COLD MOUNTAIN, adapté du roman du même nom de Charles Frazier, nous emmène dans l’Amérique des années 1860, en pleine guerre de Sécession, à la rencontre d’Ada, fille du Pasteur et d’Inman, ouvrier. Un regard, un mot, un baiser… C’est le coup de foudre entre les deux jeunes gens, mais Inman doit partir à la guerre... Ada choisit de l’attendre.
Dès les premières scènes, un ton mélodramatique et très classique se dégage du film, avec ses combats sanglants sur fond de grande musique classique, et cette photo d’Ada qu’Inman garde sur lui au milieu des bains de sangs et mutineries.
Tout laisse alors à penser à un traditionnel amour impossible au milieu d’une guerre sanglante. Et c’est le cas, mais l’on se laisse très vite prendre dans cette histoire passionnée et finalement passionnante. On connaît d’avance la fin du voyage d’Inman pour retrouver sa belle, on se doute également de l’issue de leur histoire d’amour… mais qu’importe, on la suit avec grand plaisir. Et si l’on s’intéresse tant à cette romance finalement sans grand rebondissement ni attente, c’est parce qu’elle est portée par des acteurs fabuleux, capables par leur simple présence de nous passionner pour n’importe quelle histoire, aussi peu intéressante soit-elle.
Nicole Kidman, gracieuse et majestueuse, dont le visage d’ange illumine le film ;
Jude Law, aux métamorphoses physiques impressionnantes, nous livrant une interprétation juste et réussie d’Inman ;
Renée Zellweger enfin, sans doute la plus grande surprise du film. Dans un rôle difficile, loin de ce que l’on connaissait d’elle, elle révèle une nouvelle fois ses talents de grande comédienne, alliant subtilement dureté et tendresse. Un trio de tête supporté par un casting de second rôles prestigieux tout aussi exceptionnels.
Philip Seymour Hoffman (Veasey),
Brendan Gleeson (Stobrod),
Natalie Portman (Sara),
Giovanni Ribisi (Junior) ou encore
Donald Sutherland (le Révérend Monroe) pour ne citer qu’eux.
Si l’histoire a des airs de déjà vu, le film tient par une distribution soignée et réussie, des acteurs de talents qui nous transportent avec plaisir dans la foule sentimentale de leurs personnages.
Amélie Chauvet