Les histoires de psychopathes, schizophrènes et autres tueurs en série étaient jusqu’alors réservées aux films américains. Non pas que ces scénarios plus ou moins morbides n’aient pas tenté quelques français intrépides, simplement rien n’arrivait à la hauteur des blockbusters hollywoodiens. Ne nous voilons pas la face, DEDALES n’a ni l’ingéniosité ni la perfection d’un
Seven, mais il a de quoi redorer le blason français dans un genre où il faisait plutôt grise mine depuis
Six-pack. Un film avec lequel il n’a en commun qu’un acteur,
Frédéric Diefenthal, toujours flic mais avec quelques petits penchants artistiques qu’on ne lui connaissait pas. Un comédien qui n’a pas toujours était très bon, mais qui, cette fois ci, ne s’en sort pas si mal. Ce n’est cependant rien à côté de
Sylvie Testud, qui délivre une interprétation exemplaire : tantôt un petit garçon de 7 ans apeuré, tantôt une tombeuse qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, tantôt un homme mûr ultra violent… Le tout en quelques secondes top chrono. Exercice de style difficile mais largement réussi par une actrice au meilleur de sa forme.
Quant au film en lui-même, difficile d’en parler sans le trahir et le dévoiler. Les dédales sont si obscurs qu’en divulguer une partie serait comme briser l’équilibre. Car même si, après coup, l’ensemble crie au déjà-vu, on se retrouve embarqué bon gré, mal gré, grâce à une réalisation efficace et un montage ingénieux, dans ces labyrinthes psychologiques et physiques. Et cette fois, Ariane n’a pas laissé de fil derrière elle pour nous aider. Bref, un film à voir, peut-être même à revoir. Pour Testud, pour Wilson, pour Dédale, Minotaure et les autres…
Aurélie Maulard