Hayao Miyazaki nous envoûte encore une fois avec le très beau film d’animation KIKI LA PETITE SORCIERE. Jeune fille de 13 ans, Kiki, doit faire ses preuves pour devenir sorcière et va pour cela entamer un voyage initiatique dans une contrée lointaine de son choix. Une épopée magique à la rencontre de l’amitié, de l’amour, de la sorcellerie, de la nature et de la vie.
On retrouve l’univers cher à Miyazaki qui, dès la première image, nous transporte dans un conte psychédélique pour enfants. L’héroïne, Kiki est une apprentie sorcière au cœur d’or, toujours serviable et qui, au-delà des apparences, n’est pas si forte et indépendante que cela. Partie de rien, elle va se construire et c’est peu à peu, en surmontant les obstacles qui se dressent sur son chemin, qu’elle parvient à accéder à l’âge adulte et à maîtriser ses " pouvoirs ". La nature est un thème récurrent des films de Miyazaki. Dans KIKI LA PETITE SORCIERE, Kiki choisit de faire sa formation dans un grand village près de la mer. Cette bourgade d’inspiration italienne est un bijou de la nature, tout y est sauvegardé et les paysages dessinés sont époustouflants. Toujours dans l’esprit de l’animation japonaise, on retrouve le personnage animalier, ici un petit chat nommé Jiji. Une petite boule de poil à l’humour ravageur qui va accompagner l’héroïne tout au long de son voyage et avec qui, n’ayons pas peur de le dire, on voudrait bien repartir. Bien sûr, figure indispensable pour compléter ce tableau, celle du jeune garçon chevaleresque, ici un génie de la construction qui n’a qu’une seule envie : voler dans le ciel…
KIKI LA PETITE SORCIERE est un véritable enchantement. Réalisé en 1989, le dessin animé n’a pas perdu une once de sa fraîcheur, et le rire et l’émotion sont au rendez-vous.
Hayao Miyazaki maîtrise ses dessins avec maestria, bien que les personnages ne soient pas graphiquement très élaborés, l’ensemble dégage une forte impression d’harmonie et chaque détail du décor a été réalisé avec grande minutie. Même si KIKI LA PETITE SORCIERE est plus enfantin que
Princesse Mononoke ou
Le Voyage De Chihiro, le dessinateur confirme son incroyable talent et sa place de leader dans le cinéma d’animation. Un reproche pourtant : les voix françaises sont franchement décevantes. Celle du chat, Jiji, est presque caricaturale et on peine à y croire. Un décalage est aussi perceptible entre les images et les voix. Dommage…
Quoiqu’il en soit, petits et grands seront séduits par le merveilleux voyage de Kiki et par ce chef-d’œuvre plein de sorcellerie…
Sohini Gogel