Critiques : Les Invasions barbares

    en DVD le 19 Avril 2004

Notre critique : Les Invasions barbares

    Du rire aux larmes… Un chef d’œuvre d’humour et d’émotion

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Les barbares, ce sont nous Français, eux Québécois, Anglais ou Allemand… ce sont tous ceux qui ne sont pas Américains, et bien sûr fiers de l’être… Cet empire qui domine le monde doit donc se prévenir de ces barbares… qui les ont, pour la première fois, touché en plein cœur avec les attentats du 11 septembre.
    Quelques-uns de ces barbares se retrouvent dans ce chef d’œuvre signé Denys Arcand, qui reprend les personnages de son film de 1987 LE DECLIN DE L’EMPIRE AMERICAIN et les remet en scène dans ce monde du 21ème siècle, à la fois très différent et sensiblement pareil à ce qu’il était 15 ans plus tôt.
    Tous se retrouvent autour de Rémy, hospitalisé pour un cancer en phase terminale. Leurs destins se croisent, leur passé ressurgit et leur futur les interpelle dans ce face à face autour de leur ami, amant ou père.
    Pour raconter cette histoire, le réalisateur choisit d’allier deux types cinématographiques, deux tons radicalement opposés mais remarquablement bien associés : la satire de la société (Américaine) sur fond d’humour noir et grinçant et le drame de la perte d’un proche, rongé par la maladie. A travers ces deux points, le film aborde également des thèmes plus généraux comme l’amour, le sexe, la drogue, le travail, la famille, etc., et ce dans un axe d’approche toujours décalé, original. Denys Arcand réussit ainsi à faire passer ses idées tout en évitant de tomber dans les clichés. A ce titre, citons Nathalie (Marie-josée Croze), junkee embauchée par Sébastien, le fils de Rémy, pour fournir et aider à consommer de l’héroïne à son père, qui soulage ses douleurs.

    Le film allie donc émotions fortes et humour… Aux moments les plus difficiles, le cinéaste associe toujours des dialogues drôles, au ton assez grinçant. Une réplique décalée vient ainsi ponctuer la très douloureuse séquence où tout le monde est réuni pour regarder la petite vidéo de la fille de Rémy, perdue sur un bateau au bon milieu du Pacifique… l’émotion gagne alors le spectateur même le plus endurci.

    Denis Arcand signe là une œuvre à la fois drôle et amère, réussie grâce à des dialogues et un scénario savamment dosés entre justesse, ironie, drôlerie et réflexion.
    Amélie Chauvet

Critiques : Les Invasions barbares

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    Studio Magazine :
    "Voilà un film à ne manquer sous aucun prétexte. Un film qui fait chaud au cœur, qui fait rire et penser, pleurer et vibrer, qui réussit à être, tout à la fois, intelligent et drôle, tendre et truculent, émouvant, léger et profond, bref, irrésistible."
    Jean-Pierre Lavoignat (article entier disponible dans Studio Magazine n°193, page 28)

    Première :
    "Est-ce une maladie que de rester de marbre face aux aphorismes foireux débités à la chaîne par une bande de quinquas machistes et rétrogrades ?"
    Nicolas Schaller (article entier disponible dans Première n°319, page 56.)

    Les Cahiers du cinéma :
    "Tout le film barbote dans une logorrhée nauséeuse et pourtant Arcand est incapable de filmer une conversation, ni entière ni morcelée ; Ses minuscules préoccupations de cinéma son pragmatiques : il s’agit, au moyen de dialogues surécrits et d’une grammaire simpliste (…), de réaffirmer qu’une parole libre (…) est le privilège exclusif d’un petit clan de jouisseurs."
    J.-Ph. T. (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°582, page 36).

    Télérama :
    "Un drôle de film très gai, tout triste. Pas vraiment bien fichu, avec son alternance systématique de scènes drôles, presque des sketches, et de moments très amers, presque réacs. (…) Mais si le film a provoqué l'enthousiasme du festival de Cannes, et s'il suscite immédiatement la connivence, l'entente et la complicité, c'est que Denys Arcand s'en est allé frôler, tout près, la vérité du sentiment."
    Pierre Murat (article entier disponible sur le site de Télérama)

    Chronic’art :
    "Voici donc la grassouillette ratatouille idéologique qui a mis en transe les trois-quarts des festivaliers cannois."
    Jean-Philippe Tessé (article entier disponible sur le site de Chronic’art)

    Libération :
    "Si on y trouve de quoi rire, il n'y a certainement pas de quoi en pleurer. Sauf indécente autocomplaisance."
    Ange-Dominique Bouzet (article entier disponible sur le site de Libération)
 

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