Vous qui vous ennuyez au bord de la plage à vous faire brûler la peau par un soleil torride, venez donc prendre un bon bol d’air pur dans la montagne magique de DETOUR MORTEL. Surtout, ne vous fiez pas à l’affiche ni au titre qui feraient fuir les spectateurs les plus avertis : le détour en vaut la peine.
Six pré-adultes tout beaux tout gentils, trois garçons bien musclés et trois filles en short court et haut moulant. Un accident de voiture. Une route perdue au milieu de nulle part. Plus de bagnole, pas de téléphone, pas de carte. Des barbelés le long du chemin, des pièges au pied des arbres. Une étrange cabane de bric et broc. Des monstres armés jusqu’aux dents qui baragouinent et font joujou avec des haches. On se sépare parce que c’est tellement mieux de mourir tout seul. Et ce qui reste des collègues abandonnés semés au gré du vent…
Un scénario déjà maintes et maintes fois ressassé par un genre en mal d’inspiration. Mais détrompez-vous, DETOUR MORTEL est bien loin de ressembler à un énième opus de Souviens-toi de cette légende urbaine qui nous a fait crier à Halloween Dernier. Loin d’apporter un renouveau très marquant, il suit au contraire toutes les conventions du genre et n’échappe pas aux pactes inévitables. Dialogues un peu plat, bain de sang, appétissant bruit de succion et rire d’aliéné parsèment toujours un film d’horreur made in USA. Rien de bien original donc. Il n’empêche qu’en filmant approximativement les feuilles des arbres, les visages défigurés des monstres (quand même sacrément humains – chapeau les maquilleurs -) et en amplifiant le son au bon moment,
Rob Schmidt arrive bien facilement à jouer avec nos nerfs.
Même si l’interprétation obscure de
Desmond Harrington vient sublimer le début du film, il est vrai que l’action en elle-même a du mal à commencer. La caméra s’attarde avec complaisance sur les morceaux de viande humaine, doigt, ongles et autre bout de cervelle. Des détails qui s’accumulent jusqu’à l’overdose. On trépigne dans notre fauteuil – et oui, on aimerait bien avoir un peu peur (il ne faut pas se leurrer, on est quand même là pour ça.) Notre attente est bien vite récompensée, parce que si après la scène d’ouverture, le rouge semble manquer dans l’image, une fois passée la première demi-heure, on en prend tellement plein les yeux et les oreilles qu’on finit par détester cette couleur.
Cependant,
Rob Schmidt a retenu la leçon de ses pères :le sang à foison ne fait pas tout. Il accumule alors les plans très serrés, joue avec le clair obscur, les cris et les actions hors champ pour raviver notre peur. Et ça marche. Du coup on s’accroche à quelque chose, l’accoudoir ou le bras de son voisin, on a le cœur qui s’accélère, on a envie de crier à l’un ou l’autre mais court, va-t-en, mais qu’est-ce qu’il fait à larmoyer comme ça ?, les passages de dialogue inutiles nous apparaissent comme des bornes de secours obligatoires pour reprendre notre souffle. Bref, on marche à fond les manettes. C’est vrai qu’il est vraiment mortel ce détour.
Toujours partant pour le camping en forêt cet été ?
Aurélie Maulard