Critiques : Gothika

    en DVD le 18 Août 2004

Notre critique : Gothika

    Le cas gothique de Kassovitz

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Le petit Mathieu, fils de Peter, a bien grandi depuis ses premiers pas au cinéma, depuis ces heures obscures, où, à la recherche d’une Métisse, il croisait la route des Assassin(s) emplis de Haine des cités françaises. Aujourd’hui, comme papa pour son menteur de Jakob, comme Luc Besson pour son Cinquième élément, il a plongé la tête la première dans le gouffre d’Hollywood. Une douche glacée, à l’image de ce thriller psychologique aux allures d’histoire de fantômes, où gicle du sang pourpre à en faire couler des rivières.

    Divisé en trois parties distinctes (Halle Berry psychiatre, Halle Berry tarée, Halle Berry détective), tourné en anglais, avec un budget conséquent et des stars internationales, Gothika ne manque pas de punir les méchants dans une happy end qui sent l’eau de rose à plein nez. Le nouveau Mathieu Kassovitz n’a donc plus grand chose de frenchie - si ce n’est ce prénom au générique, presque trop français pour être honnête. Tout petit Kasso dans un film trop grand pour lui ? Pas forcément, car à défaut d’un scénario original, Gothika pousse le trouillomètre au maximum. Cadrage très serré, voile bleuté, images chocs, explosion de lumière, Kassovitz réussi en quelques plans ingénieux à monter la tension du spectateur – et à ne plus la faire redescendre. Même s’il ne peut s’empêcher d’imiter certaines séquences de ses aînés pour enfoncer une nouvelle fois le clou de l’originalité… Comme ce fameux plan à l’envers d’Halle Berry allongée sur son lit, qui ne peut que rappeler son frère jumeau signé David Fincher, servant d’affiche à Panic Room.

    En résumé, Gothika s’apparente à un mini-puzzle du cinéma fantastique des trente dernières années : Kassovitz en fouine astucieuse (ou raton laveur flemmard), a pioché ça et là les idées qui lui convenaient. Résultat, l’ensemble crie au déjà-vu, et glisse vite fait bien fait dans les oubliettes de l’oubli quelques heures après la vision du film. Toutes les règles (les clichés) du genre sont respectées : purification par l’eau, immolation par le feu, vénération satanique, nuit noire, asile aux allures de maison hantée perchée sur une colline, accident de voiture, pluie torrentielle… Minuit l’heure du crime ! Halle Berry pète les plombs, le spectateur arrache l’accoudoir et Mathieu Kassovitz accroche une nouvelle étoile à son blason. Car quelque part (loin !) entre Hypnose et Sixième Sens, sans en avoir pour autant l’originalité et l’impact psychologique, Gothika a tout de même de quoi faire exploser les pacemakers. Quoi qu’il en soit, "Matthew" Kassovitz, ça ne sonne pas très bien. Reviens, Matthieu !
    Aurélie Maulard

Critiques : Gothika 0 étoiles

  • CinéLive
    CinéLive

    "En fans irréductibles de terreur assumée sans rictus, on se réjouira de voir Kassovitz exécuter la figure de style avec la gourmandise du cinéphage et le premier degré chevillé au corps"
    Philippe Paumier (article entier disponible dans Cinélive n°75, page 44)
  • Première
    Première

    "Inutile de le cacher, le fait que ce soit Mathieu Kassovitz qui le réalise compte beaucoup dans l'intérêt que l'on peut porter à ce modeste thriller."
    Christian Jauberty (article entier disponible dans Première n°323, page 38.)
  • Les Cahiers du cinéma
    Les Cahiers du cinéma

    "Maniériste de la dernière heure, Kassovitz ne s'intéresse qu'à un corps en pièces, découpé comme le film par ses emprunts."
    A.T. (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°586, page 56).
  • Chronic'art
    Chronic'art

    "Regretter le jeune et inventif cinéaste de La Haine n’a pas de sens. Mathieu Kassovitz a délibérément choisi de tourner la page, et de s’offrir un regard neuf sur le cinéma (…)."
    Ophélie Wiel (article entier disponible sur le site de Chronic’art)
  • Télérama
    Télérama

    "Hollywood avait confié à Jeunet les clés d'un bolide (le quatrième Alien), le réalisateur de La Haine, lui, se retrouve avec une machine poussive entre les mains."
    Frédéric Strauss (article entier disponible sur le site de Télérama)
  • Les Inrocks
    Les Inrocks

    "Film transitoire, Gothika n'a pour Kassovitz pas d'autre légitimité que de rassurer les studios et d'aligner des gammes avant la mise en chantier d'un projet plus personnel… "
    Bertrand Loutte (article entier disponible dans Les Inrocks n°423, page 32)
  • Studio Magazine
    Studio Magazine

     

    "(…) Gothika souffre surtout d'un cruel manque d'originalité, qui le fait paraître poussif et déjà vu."
    Christophe D'Yvoire (article entier disponible dans Studio Magazine n°196, page 26)
 

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