Voilà un film qui a fait « Banzaï » dans l’Empire du Soleil Levant : l’adaptation du manga cultissime
20th Century Boys. Entreprise titanesque, puisque la bande dessinée japonaise compte pas moins de 20 tomes. Qu’on se rassure, l’adaptation a fait l’objet d’une trilogie. Sinon, pour vous donner une idée, ça serait revenu à faire
Le Seigneur des Anneaux en un film ! Il est donc difficile de juger de la réussite, ou non, de l’adaptation, sans avoir vu les trois films… Mais essayons !
On ne peut que constater l’admiration que le metteur en scène porte au manga. Chaque plan reprend quasiment trait pour trait les dessins originaux. La plupart des acteurs ont une ressemblance frappante avec les personnages de la bande dessinée. On a ici affaire à une vraie adaptation, dans le sens où le réalisateur a pris le matériau d’origine sans vouloir le transformer en y injectant une vision personnelle, qui pourrait dénaturer le propos du manga.
Côté scénario, rien à redire. Le manga offre une vision apocalyptique des dangers des sectes. Derrière leurs bonnes intentions proclamées à la face du monde, elles ne visent qu’à une seule chose : détruire (physiquement et psychologiquement) les sociétés existantes. Le manga, et donc le film, se déroule sur trois périodes : les années 70 (avec une image jaune, celle d’une vieille photographie usée), en 1997 et en 2000. Le film commence en 1997, se continue logiquement en 2000, et est régulièrement interrompu par les flash back sur l’enfance des héros. Tout se succède logiquement et sans accroc, de la même manière que dans le manga.
Mais il reste un gros regret : même si le manga d’origine est, dans les dessins, très cinématographique, il ne suffit pas de simplement faire suivre des plans pour réaliser un bon film. Il manque énormément de rythme à
20th Century Boys. Et pourtant il y avait de quoi faire, à l’image de la chanson éponyme culte des T. Rex (reprise aussi par Placebo, pour les plus jeunes), un bon film rock, déjanté, qui bouge ! Les scènes d’apocalypse, bien faites, manquent d’un vrai souffle épique. La faute à une mise en scène pas assez nerveuse. Avoir une vraie bande-son rock aurait aussi pu aider.
Le jeu parfois surjoué des acteurs peut aussi s’avérer gênant, surtout pour le public occidental. Encore une fois, le réalisateur marque ici sa volonté de respecter le manga. Ceux qui ont l’habitude de lire les bandes dessinées japonaises savent bien que les dessinateurs caricaturent les émotions sur le visage des personnages. On retrouve le même procédé dans le film, mais, une fois de plus, on est au cinéma, pas dans un manga en format papier !
Malgré ce petit défaut de mise en scène, 20th Century Boys reste une bonne adaptation, dont le principal défaut est d’avoir trop respecté le manga en l’adaptant image par image. Peut-être que le film aurait eu aussi besoin d’un peu plus de financement, mais il n’est pas certain que cela aurait changé grand chose…
Anne-Louise Echevin