Peut-on encore faire rêver avec un péplum ? Si le
Gladiator de Ridley Scott nous avait laissé espérer un quelconque renouveau, le
Troie de monsieur Petersen nous avait clairement refroidis. Hum, Hum… Pas gagnée cette histoire-là.
Bref, les gens sérieux n’y croyaient plus. Pourtant, depuis des semaines (des mois ?), un buzz courait sur la toile :
300, l’autre BD culte de
Frank Miller (
Sin City), allait bénéficier d’une adaptation ciné, signée par l’un des nouveaux petits prodiges d’Hollywood,
Zack Snyder (
L’armée Des Morts). Trop beau pour être vrai ?
Préparez-vous car Snyder ne rigole pas et c’est avec une maîtrise visuelle et narrative folles qu’il prend son sujet à bras le corps, qu’il le magnifie, et qu’il le balance sur grand écran, alignant
une série de tableaux à couper le souffle et dont l’image va rester imprimée longtemps sur la toile. Fan du comic, Snyder en reprend religieusement le style et la mythologie, laissant de côté la véracité historique. Le style visuel s’en ressent : les soldats ont des poses de dieux Grecs, le film joue sur trois couleurs (rouge, jaune, noir) à l’instar des peintures antiques sur amphores, les combats sont irréellement spectaculaires, les ennemis immortels, etc.
Méticuleux et respectueux, Snyder n’en sacrifie pas pour autant une histoire somme toute simple (le récit d’un combat légendaire) grâce à des psychologies cohérentes, mais complexes (un roi libérateur, mais piégé par sa soif de gloire ; une reine prête à tout pour aider son époux).
Se déroule alors devant nos yeux une fresque puissante et audacieuse (ne boudez pas la bande son), peinte par un réalisateur culotté et servi par une bande d’acteurs encore méconnus, mais dont on risque fort d’entendre parler très prochainement.
Trop beau pour être vrai ? Trop beau pour ne pas l’être !
Eléonore Guerra