Après un premier film polémique de par son titre et non par son contenu, le réalisateur de CECI EST MON CORPS plonge une nouvelle fois la tête dans un monde sclérosé, où la famille, l'amour et l'espoir n'existent pas. Le jeune Antoine de CECI EST MON CORPS quittait son avenir tout tracé pour visiter les sentiers perdus du septième art et recevait la foudre de ses parents ; le jeune Simon du DERNIER JOUR, étudiant aux Beaux Arts, retrouve une famille dessoudée, dont les membres sont séparés par un fossé secret, l'espace, la vie, les envies.
Reprenant le même schéma narratif, les mêmes thèmes et les mêmes idées morbides, le nouveau film de
Rodolphe Marconi n'en est pas moins étrange et viscéral. Une ambiance mystérieuse et maléfique qui doit beaucoup à la présence des acteurs,
Gaspard Ulliel en tête. Beau gosse meurtri par la vie, qui tombe amoureux d'une inconnue et de son copain d'enfance, le personnage de Simon prend toute sa force grâce à l'interprétation magistrale et tout en finesse d'un jeune acteur que l'on n'a pas fini de voir sur les écrans. Le film est habité par la mort, le suicide, la trahison, le mensonge.
L'histoire prend encore plus d'ampleur grâce au choix de mise en scène, de non dits, de silences envahissants, d'ellipses importantes. Les longueurs et la lenteur font partie intégrante du film, et finalement donnent de la résonance à ce combat perdu d'avance d'un gamin qui cherche sa voie vers le monde des adultes et se perd en chemin. Avec ses silences, sa mise en scène épurée, et ce jeu d'acteurs qui met étrangement mal à l'aise, LE DERNIER JOUR nous envahit d'une étrange douleur intérieure. Un film lent, beau, soporifique, passionnant, mais surtout, profondément humain.
Aurélie Maulard