En réalisant
35 Rhums Claire Denis aborde un cinéma plus intime. Elle s’immisce dans la vie d’un père, conducteur de RER, et de sa fille. Ces deux personnages vivent ensemble à l’image d’un vieux couple. Mais un couple qui ne se parle que très peu et où les gestes se substituent aux mots. Entre eux, on décèle un vide. Un vide qui n’est pas sans raison puisqu’il s’associe à la mort de la mère. Une disparition qui les pèsent, qui les hantent. Et ce vide qu’elle a laissé, ils n’ont pas su le combler. Le père ainsi que la fille se morfondent dans leur quotidien et sont devenus spectateurs de leurs vies.
Devenus amorphes, ils laissent passer leurs vies. Ne pouvant pas vivre l’un sans l’autre, la réalisatrice nous livre une réflexion sur le futur mais aussi le passé. Le père qui s’entête à vivre dans une routine, et la fille qui peut changer de vie...
Leurs relations auraient pu être intéressantes mais les longues séquences muettes peinent à trouver un rythme et n’intéressent guère le spectateur qui se noie dans le film.
Claire Denis s’intéresse à la vie, à ce qui peut nous rendre heureux, et à se détacher au moment opportun de ses parents. Mais, malgré la bonne prestation des comédiens, le film peine à trouver son rythme. Et le spectateur passe à côté. Dommage il y avait de la matière.
Laurène Guillaume