Critiques : 38 Témoins

    en DVD le 18 Juillet 2012

Notre critique : 38 Témoins

    Un crime sous silence

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema
    0 étoile
    Une nuit, un crime est commis. Une jeune femme est assassinée dans un quartier tranquille du Havre. Une enquête est immédiatement ouverte afin de retrouver le meurtrier, mais celle-ci piétine rapidement. En effet, malgré l'emplacement et le calme du lieu, la police ne trouve aucun témoin. Rien vu, rien entendu, le ton est donné. Et pourtant, après hésitation, un homme avoue avoir été témoin de tout... et assure ne pas être le seul.

    38 Témoins


    " Un témoin qui se tait, c'est un salaud, 38 ça devient monsieur Toulemonde"

    Habitué des drames auscultant avec efficacité les honteux travers de la nature humaine (Rapt, La Raison du plus faible), Lucas Belvaux persiste et signe un vrai-faux thriller psychologique plongeant avec une fascination presque morbide dans l'abîme de la lâcheté banalisée.

    Dans 38 témoins, le cinéaste belge s'attache en effet à un fait-divers tragique et, surtout, à ses conséquences destructrices au coeur d'un microcosme bourgeois sans histoire. En plantant sa caméra froide derrière les rideaux de toutes ces fenêtres témoins et pourtant muettes, Belvaux met à nu les mensonges lâches et coupables d'individus tous différents et pourtant semblables dans leur désengagement humain et citoyen. Chacun a vu et/ou entendu cette jeune femme se faire assassiner, et personne n'a rien fait... car chacun a choisi de ne pas agir. Les motivations et les excuses sont multiples, mais les conséquences sont les mêmes : la mort et l'effroyable culpabilité qu'ils tentent d'étouffer. Jusqu'à ce que l'un d'entre eux lève l'odieux voile sur leur crime.

    38 Témoins


    L'ambiance, servie par une mise en scène glaçante, est lourde et Belvaux pose les douloureuses questions sans jamais moraliser ou juger ses personnages. Confrontant Morale et Justice aux faits passés et à venir (tous ces "témoins" condamnables moralement et potentiellement justiciables doivent-ils réellement l'être ?) tout en s'attachant à la répercussion d'une telle affaire (qui n'est d'ailleurs pas sans en rappeler d'autres, tristement médiatisées) sur la Société (médias, processus judiciaire, etc.), 38 témoins se révèle aussi puissant (surtout lorsqu'il se concentre sur l'enquête, plus que sur le couple protagoniste, trop faible narrativement) que légèrement masochiste dans son désir de comprendre.
    Au final, on se regarde dans ce miroir et, tout en se persuadant qu'on aurait agi autrement, le reflet de cette société nous fait froid dans le dos.

Critiques : 38 Témoins 1 étoile

  • Elle
    Elle
    4 étoiles
    " 38 Témoins est un film très fort, qui éclaire la face sombre de l'humain, à ne pas rater. "
    Florence Ben Sadoun (article entier disponible dans Elle n°3454, page 40)
  • Le Monde
    Le Monde
    4 étoiles
    " Une certaine idée de l'art tient ici, qui vaut pour aujourd'hui aussi bien que pour hier, et qu'on pourrait définir comme un humanisme de combat. Elle fait réaliser à Lucas Belvaux son plus grand film. "
    Jacques Mandelbaum (article entier disponible dans Monde du 14/03/2012)
  • Studio Ciné Live
    Studio Ciné Live
    4 étoiles
    " Un polar moral mais nullement moralisateur sur notre couardise. "
    Xavier Leherpeur (article entier disponible dans Studio Ciné Live n°36, page 30)
  • Télé7Jours
    Télé7Jours
    3 étoiles
    " Lucas Belvaux (Rapt) signe un film noir, intense et très humain sur la lâcheté, la peur, le mensonge et la culpabilité dont on ne sort pas indemne. "
    V.P.(article entier disponible dans Télé7Jours n°2703, page 134)
  • 20 Minutes
    20 Minutes
    3 étoiles
    " Chacun se fera une opinion devant ce film fort, polar philosophique et captivant. "
    Caroline Vié (article entier disponible dans 20 Minutes du 14/03/2012)
  • Les Inrocks
    Les Inrocks
    3 étoiles
    " Plus dénonciateur qu'observateur nuancé, ce point de vue excessivement sombre et sentencieux rigidifie un film par ailleurs joué et réalisé avec un indéniable talent. "
    Serge Kaganski (article entier disponible dans Les Inrocks n°850, page 69)
  • Première
    Première
    3 étoiles
    " Lorsque le réalisateur s'interroge sur la médiatisation d'un fait divers et fait référence à d'autres affaires récentes mettant en cause l'éthique de la justice - comment ne pas penser à Outreau ? -, le film passionne. "
    Alex Masson (article entier disponible dans Première n°421, page 27)
  • Positif
    Positif
    3 étoiles
    " La lumière, les cadrages, le montage donnent à cette séquence d'introduction la force cinématographique annonciatrice d'un grand film. (...) L'épilogue est sombre et désenchanté. "
    Dominique Martinez (article entier disponible dans Positif n°613, page 32)
  • Le Parisien
    Le Parisien
    2 étoiles
    " Habilement rythmé, 38 Témoins désosse la frilosité des sociétés. Yvan Attal est à l'aise dans ce registre introverti et sombre. "
    Pierre Vavasseur (article entier disponible dans Le Parisien du 14/03/2012)
  • Libération
    Libération
    2 étoiles
    " Louons ici l’excellence d’Yvan Attal, massif et pourtant friable. Sophie Quinton (Louise, sa compagne) est formidable aussi quand son visage est un paysage qui hésite entre tempête et calme plat. "
    G.L. (article entier disponible dans Libération du 14/03/2012)
  • Les Fiches du Cinéma
    Les Fiches du Cinéma
    2 étoiles
    " Si la mise en scène, classique, procède par touches successives à l'installation d'une pesanteur psychologique de plus en plus dense, le film donne parfois l'impression de ne pas appartenir à son réalisateur (…)"
    Marie Toutée (article entier disponible dans Les Fiches du Cinéma n°2022, page 20 )
  • Le Figaro
    Le Figaro
    2 étoiles
    " Ici, on tourne un peu en rond, sans être surpris ou concerné, sinon par la scène de reconstitution d'une belle intensité dramatique. "
    Jean-Luc Wachthausen (article entier disponible dans Le Figaro du 14/03/2012)
  • L'Express
    L'Express
    2 étoiles
    " Sa caméra balaie le vent du Havre, saisit un visage muré dans le renoncement de soi, observe le délitement des corps, pointe la façon dont la morale et la politique se tournent le dos. "
    Eric Libiot (article entier disponible dans L'Express n°3167, page 135)
  • VSD
    VSD
    2 étoiles
    " (...), ce film de Lucas Belvaux dresse un réquisitoire inégal mais puissant contre la lâcheté collective. "
    B.A. (article entier disponible dans VSD n°1803, page 62)

  • Le Journal du Dimanche
    Le Journal du Dimanche
    1 étoile
    " (…) en oubliant l'enquête (ce sont les scènes les plus réussies) au profit de la désintégration d'un couple (Attal-Quinton), le film se dilue, fait du surplace et lasse. Quel dommage ! "
    Danielle Attali (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 11/03/2012)
  • Télérama
    Télérama
    1 étoile
    " Mais non : le héros souffre, il dit qu'il souffre, au point que sa souffrance devient outrancière, aussi pénible à supporter que l'égoïsme des autres..."
    Pierre Murat (article entier disponible dans Télérama n°3244, page 60)