Après
Jacques Brel,
Pierre Richard,
Jacques Villeret et
Daniel Auteuil, c'est au tour de
Gad Elmaleh de prêter ses traits au célèbre personnage de
Francis Veber, François Pignon. Un François Pignon moins idiot, moins maladroit et surtout plus chanceux que ses prédécesseurs. L'occasion pour nous de retrouver l'humour sympathique et franchouillard du réalisateur du
Dîner de Cons. Moins réussi que ce dernier,
La Doublure marque néanmoins un certain renouveau chez le cinéaste, après les très mitigés
Le Placard et
Tais-toi. Un renouveau dû à l'arrivée en tête d'affiche d'une femme - une première chez Veber ! -,
Alice Taglioni, au centre du quiproquo qui fait de François Pignon un héros malgré lui. Et si la belle tient ce premier grand rôle principal à bout de bras, sa prestation est très vite effacée par la force des rôles masculins interprétés par
Daniel Auteuil,
Gad Elmaleh et
Dany Boon. Il faut dire aussi qu'elle n'est pas la seule femme dans ce film puisqu'elle partage l'affiche avec les tout aussi charismatiques
Virginie Ledoyen et
Kristin Scott Thomas.
Bien que toujours très naïf,
Gad Elmaleh a néanmoins su façonner un François Pignon plus moderne, benêt mais pas con. Le comédien/humoriste en vogue du moment a également apporté une sensibilité toute particulière et toute nouvelle au personnage, qui en devient toujours plus attachant.
Et si vous n'êtes décidément pas un adepte des comédies françaises pur jus, des dialogues bien écrits et une mise en scène chorale assez efficace devraient finir de vous convaincre. Une balade drôle et agréable dans l'univers à la fois décalé et réaliste de Veber, un cinéaste qui sait évoluer tout en gardant son style finalement assez inimitable.
Amélie Chauvet