Il était une fois un couple heureux. Monsieur est ambassadeur des Etats-Unis à Rome et Madame est enceinte.
Tutti va bene. Mais voilà, pas le temps de tricoter une layette que tout s’écroule : Madame a des « complications », accouche dans un hôpital délabré et flippant avec des crucifix dans tous les coins et un prêtre bizarre annonce à Monsieur – dans une cave – que son fils est mort-né, mais qu’il lui en offre un autre, tout pareil. Madame n’y verra que du feu, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en Enfer.
Bien sûr, à ce stade du film (2 minutes 30), le spectateur sent bien que c’est loin d’être une bonne idée, mais qu’importe : Moore arrive rapidement à créer une atmosphère envoûtante, oscillant constamment entre ténèbres et lumière. On n’a pas trop envie de chipoter tout de suite, attendons la suite.
Bon, bien entendu, le bambino grandit, devient méga flippant, pousse au suicide tous ceux qui l’approchent, s’entoure d’une
nanny cinglée (
Mia Farrow qui passe du côté obscur) et se prépare à devenir le Seigneur de l’Univers. Au cas où vous ne l’auriez pas senti venir, ce petit bonhomme n’est autre que l’Antéchrist. S’ensuit alors un drôle de film, sorte d’imbroglio entre
Destination Finale (les morts variées et facétieuses),
Marie Claire Décoration (une serviette rouge ici, un rideau pourpre là…) et Le Club des Cinq (« mais oui ! Damien veut prendre le contrôle de la Maison Blanche ! »).
Alors oui, on sourit. Mais bon, rendons à Moore ce qui lui revient : les acteurs sont inspirés, l’ambiance est lourde, les morts sont spectaculaires, on sursaute à intervalles réguliers… Le réalisateur remplit honorablement le cahier des charges du remake… Enfin, autant qu’il le pouvait pour un film dont la date de sortie – le 06/06/06 – était fixée avant même l’embryon d’un tournage. Tout un programme…
Eléonore Guerra