Après quelques essais avortés,
99 Francs – le film sort enfin sur les écrans. Le responsable ?
Jan Kounen, metteur en scène notamment de
Dobermann et de
Blueberry, s’est collé à la réalisation et n’en déplaise aux détracteurs, il signe une adaptation réussie et férocement efficace.
Ambitieuse, la version ciné du pamphlet de
Frédéric Beigbeder sur le monde de la publicité dépasse largement l’œuvre originale. En effet, alors que le bouquin se vautre littéralement à mi-parcours, le film tente une pirouette et récolte les félicitations. N’oublions pas que même l’adaptation la plus réussie souffre de la comparaison, l’œuvre filmée restant toujours en deçà de l’œuvre papier. Alors, quand un cinéaste réussit le tour de force de faire un film plus brillant que le livre, ça mérite de s’y attarder.
99 F suit les élucubrations du publicitaire tête à claques Octave Parango. Kounen nous présente un délire d’1h30 sur fond de rails de coke, bad trip, spots de pub, filles canon… Visuellement, le film est très soigné et abouti, et tranche avec ce que le cinéma français nous propose en ce moment, multipliant les clins d’œil Outre-Atlantique :
Fight Club,
In The Mood For Love,
Il était Une Fois Dans L’ouest etc… La provoc’ est aussi de mise : à noter un plan représentant la « Cène » où Octave, défoncé, se prend pour le Christ.
Pour interpréter Octave, qui mieux que l’acteur
bankable Jean Dujardin. Homme aux 1000 facettes, « produit » du grand (et petit) écran, il passe aisément d’un surfeur peroxydé à un espion pas comme les autres, pour ensuite se glisser dans la peau d’Octave – Beigbeder – Parango. Les allusions à l’auteur-chroniqueur sont d’ailleurs bien (trop) présentes.
99 F est un des films les plus attendus de la rentrée… A juste titre.
Fanny Cairon