En un mot : génial
On fait souvent ce rêve étrange et pénétrant d’une famille inconnue, et qu’on aime, et qui nous aime, et qui n’est chaque fois ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, mais qui nous aime et nous comprend.
Oui, décidément, avec
Wes Anderson c’est
Famille je vous (h)aime.
Bon, allez cette fois on va tenter la sincérité absolue, la confidence sans artifice, l’aveu timide… le cœur mis à nu. Car notre crime est des plus simples : nous voici sans voix face à la nouvelle merveille (au sens antique du terme) de
Wes Anderson.
Poète cruellement encore trop méconnu, le chef de
La Famille Tenenbaum et autre excellent
Rushmore sort pourtant délicatement la tête de
La Vie Aquatique pour nous offrir ici une sublime (et décapante) allégorie de l’amour fraternel et de la quête de soi.
Et c’est avec ses talents de peintre de l’image et de conteur de l’absurde qu’il nous mène, encore une fois, par la main pour une aventure double et duelle : à la fois hilares et émus, on ne résiste pas un instant à cette fratrie bancale (enlevée par un
Owen Wilson troublant), mais sidérante de vérité.
L’expérience est aussi agréablement jouissive que délicieusement déroutante : le cœur au bord des yeux, on ne peut s’empêcher d’être secoués par un furieux rire face aux péripéties (absurdement picaresques) de ces trois handicapés des sentiments, ces trois gosses perdus dans leurs costumes d’adultes, et qui pourtant nous ressemblent comme des frères…
Parce que oui, vraiment, notre crime est des plus simples : cette famille dysfonctionnelle c’est un peu la nôtre, ces angoisses existentielles sont celles que l’on tait… et ces trois paumés, c’est nous.
Eléonore Guerra