Banlieue 13 ultimatum s’inscrit dans la lignée du premier volet produit par
Luc Besson :
Banlieue 13. Pas vraiment salué par la critique, le film calqué sur un
Yamakasi ou un
Taxi n’avait pas convaincu. C’est donc légèrement sceptique que l’on attend que les lumières se baissent dans la salle.
Dès les premières images, le ton est donné : «
Banlieue 13, trois ans plus tard. Le gouvernement a changé, pas le reste… »Va t-on assister à un B13 bis ? Heureusement non. Et c’est justement là tout le changement.
De l’action à revendre, des cascades époustouflantes et une touche d’humour, tous les ingrédients du film d’action par excellence.Les premiers plans en travelling avant embarquent le spectateur dans la fameuse
banlieue 13, véritable métissage de culture et de clans. Ambiance marocaine, chinoise, africaine, derrière les murs de béton, un véritable monde parallèle s’est développé.
Et on y croit. Même si le scénario reste somme toute assez simplet – démolir pour reconstruire, voilà la solution pour enrayer le problème des banlieues chaudes – on note un véritable effort pour comprendre la mixité sociale et le problème de ces quartiers. Au premier plan, toujours le duo Damien/Leito et leurs cascades en pagaille. En filigrane, les gangs, assis par des personnages bien trempés. De Molko – chef du gang des Blacks - à Ali-k, - chef du gang arabe - en passant part Tao, représentante du gang chinois, aucun second rôle n’a été négligé. Notamment celui de Tao, personnage à mi-chemin entre Lilou du Cinquième élément et Tomb Raider, dont la longue tresse munie d’une lame tranchante, lui sert d’arme fatale lors de son magnifique combat rythmé au son d’un ipod.
Le film ne tombe pas dans les clichés ruraux et met en avant un certain réalisme en affichant à son casting des rappeurs comme
La Fouine ou Jame Deano. Ils apportent une certaine légitimité dans un sujet pas si évident à traiter.
Finalement, B-13 U est plus un film de spectacle qu’autre chose, mais il a le mérite d’en offrir un beau. On regrette peut-être le scénario qui s’appuie sur un Président de la République peu convaincant, amené à faire un choix : collaborer avec les gangs ou avec la polices pervertie. Des bons et des méchants, une fin heureuse, le tout pimenté d’une touche d’exotisme, le second volet reste agréable, dans le vrai, un portrait fictif mais étonnamment proche de la réalité de nos banlieues.
Virginie Borg