Deuxième long-métrage du cinéaste anglais
Jonathan Glazer après SEXY BEAST en 2000, BIRTH a vraiment de quoi séduire au premier abord : scénario de
Jean-claude Carrière,
Nicole Kidman et
Lauren Bacall à l’affiche, et un synopsis plutôt intrigant. Ce dernier nous annonce l’histoire d’une femme qui, 10 ans après avoir tragiquement perdu son époux, et alors qu’elle s’apprête à se remarier, voit débarquer dans sa vie un jeune garçon de 10 ans qui se dit être la réincarnation de son défunt mari.
Mais dès les premières images du générique, un style langoureux et parfois lourd se fait sentir. De longs plans sans dialogue, où l’émotion est censée transparaître dans le seul regard des personnages – il n’en est rien -, une musique dramatisant toutes les séquences qu’elle accompagne, et un scénario dont on cherche toujours l’intérêt… Grande Déception !
Comme le dit très justement une voix off en pré-générique, pour croire à une histoire pareille, il ne faut absolument pas être cartésien. Mais terre à terre ou pas, vous plongerez difficilement dans ce film qui peine à trouver sa place entre rationnel et mysticisme. Il n’aborde en effet jamais frontalement le sujet de la réincarnation, laissant planer le doute sur cet enfant, sa provenance, son âme… Tout est suggéré maladroitement. Rien n’est dit. Et malgré la très bonne prestation de
Nicole Kidman, toujours aussi impeccable, BIRTH ne séduit pas.
Si certains vous diront que la réussite du film de Glazer est de ne pas laisser le spectateur indifférent, de le faire réfléchir, c’est juste qu’il crée un malaise, provoqué par son côté malsain et déplaisant… Ce qui n’est pas, à nos yeux, gage de qualité.
Amélie Chauvet