Connaissez-vous les « fêtes de quartiers » (
block party dans la langue de Shakespeare) ? Bon, chez nous ça ressemble soit à un bal musette – très sympa au demeurant, soit à un mini festival où tous les groupes amateurs du coin viennent faire leurs armes – tout aussi sympatoche. Aux US, si le concept est le même, le petit prodige de la scène comique
Dave Chappelle a décidé en 2004 de dépoussiérer l’accordéon de mémé. Il organise ainsi un concert mémorable au plein cœur de Brooklyn et réunit pour l’occasion les plus grands noms de la musique noire américaine contemporaine.
Expliqué comme ça, on est déjà bien contents. Mais là où ça devient franchement chouette, c’est quand un certain
Michel Gondry – mélomane affirmé – décide de prendre sa caméra et de filmer le tout (préparatifs, répétitions et concert) puis de le balancer sur grand écran.
Et là, soyez prévenus : en plus d’ouvrir bien grand vos oreilles, préparez vous à écarquiller les yeux autant de plaisir que de stupéfaction. Oui, oui, c’est bien Kanye West qui ouvre le bal aux côtés d’une fanfare universitaire. Oui, oui, il est bel et bien rejoint par John Legend et
Common. Oui oui, c’est bien le chanteur/acteur
Mos Def qui accompagne The Roots sur scène. Et non, non, vous ne rêvez pas : ce sont bien les Fugees qui clôturent la fête !
La folie, puisqu’on vous le dit ! En plus d’offrir un régal pour les mélomanes
et pour les néophytes de Rap and Co (pas besoin de connaître Jill Scott ou Cody Chesnutt pour tomber raide), Gondry nous sert un documentaire touchant et hilarant, suivant Chappelle dans toutes ses facéties : convaincre sa buraliste de l’Ohio, blanche et sexagénaire de prendre le bus pour Brooklyn ; se démener pour rassembler sa bande de « potes » ou les faire répéter… On rit souvent devant ses sketches, comme on reste sans voix devant l’énergie et la motivation des artistes comme des spectateurs. Si la
Block Party est également très
Black revendication Party - élections américaines de 2004 obligent – on retiendra surtout le message citoyen final de
Wyclef Jean et les énoooormes morceaux Rap et Soul que cette pléiades d’artistes nous offrent.
Un seul bémol en sortant : on est pris d’une furieuse envie de hurler « Pourquoi j’y étais pas !?! »
Eléonore Guerra