Connaissez-vous
Sacha Baron Cohen ? Non ? Les présentations s’imposent donc avant de vous voir pénétrer dans l’antre du politiquement très incorrect voire du mauvais goût. Ainsi peut-être que le nom d’
Ali G vous en dit plus… Oui, Monsieur Cohen est le nouveau dégénéré des scènes comiques britannique et américaine, spécialisé dans la controverse trash voire suicidaire.
Cohen se glisse aujourd’hui dans les souliers de Borat, le second meilleur journaliste du Kazakhstan envoyé par son gouvernement en mission culturelle aux Etats-Unis afin de découvrir les ficelles promotionnelles de l’Oncle Sam. Ça vous semble bien simple et inoffensif ? Naïfs que vous êtes ! Car au bout de trois secondes et demi de péloche, vous voilà parachutés à Grosland version trashouille. Ouvrez bien l’œil, vous apercevrez, au fond de l’image, la bienséance se suicider de honte.
Quittant les clichés (hallucinants) de son pays, Borat débarque aux US et à partir de là… c’est tout simplement un festival d’intelligente connerie. Non, non, je ne déraille pas. Certes, on baigne clairement dans l’humour scato débile au milieu de situations dignes du Jerry Springer Show, pourtant, par sa pantomime innocente et sa naïveté brute de décoffrage, Borat/Cohen ressemblerait presque à un Chaplin qui serait passé du côté obscur de la Force.
En provoquant des rencontres incongrues avec les autochtones américains, il a en plus l’immense culot – ou la suprême folie – de pousser sa bêtise et son ignorance à l’extrême afin de voir percer, en retour, racisme, homophobie, … bref toutes les formes de xénophobies possibles et imaginables. Des réactions pratiquement toutes filmées sur le vif et à l’insu des protagonistes ! Inutile de préciser à quel point le miroir que le journaliste moustachu tend à l’Amérique (puritaine, chauvine) est peu reluisant… Inutile non plus de souligner que le petit Borat ne s’est pas fait que des nouveaux potes avec ce faux documentaire coup de poing.
Est-ce du cinéma ? Il y a de fortes chances que non… mais on n’en rigole pas moins viscéralement. Alors
Sacha Baron Cohen : génie comique ou suppôt de Satan ? A vous de juger.
Eléonore Guerra