Critiques : Bouzkachi, le chant des steppes

    en DVD le 03 Décembre 2009

Notre critique : Bouzkachi, le chant des steppes

    Un conte mystique bancal sur fond de steppes désertiques

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Bouzkachi est un film que l’on pourra qualifier de chevaleresque. Des vrais cavaliers sur fières montures dont les exploits sont destinés à faire pâmer une jeune et belle demoiselle comme dans tout bon roman de Chrétien de Troyes. Pourtant, nous sommes bien loin des terres et temps reculés du roi Arthur (mais pas si loin de sa renommée mystique), par-delà les steppes de l’Ouzbékistan où nos héros sont de véritables personnes qui témoignent sous le mode du conte et s’apprêtent à participer au Bouzkachi.

    Le réalisateur et c’est très clair, place son œuvre entre la fiction et le documentaire. Jacques Debs choisit en effet pour Bouzkachi une forme largement en vogue ces temps-ci, mais qui ne réussit pas forcément aux plus téméraires. Et Jacques Debs l’est, téméraire. Mi conte, mi documentaire, Bouzkachi se veut une fusion entre l’homme et la nature, une fable sur le dépassement de soi. Notre regard occidental est immédiatement très sensible à la sauvage poésie des paysages désertiques, au rapport fusionnel entre le cavalier et sa monture qui donne une force expressive et des couleurs extraordinaires au documentaire. Mais la belle fresque épique sombre dans la mise en scène éxagérée du conte oriental. Elle n’arrive malheureusement pas à nous emporter malgré l’univers artistique convoqué à travers Stasys, peintre dessinateur qui nourrit le documentaire de ces œuvres picturales.

    On sent parfois à l’image de ce ballon bleu laché par Mohabat, que l’on aimerait nous aussi quitter la terre ferme souvent trop empreinte des aléas de la réalité pour épouser la magie du conte persan et du spectacle fascinant qu’est le bouzkachi. Mais l’envie s’atténue, faute au poète. Faute au narrateur qui nous suit comme notre ombre. Oui, faute à cet Hafez, qui nous gêne prodigieusement et nous coupe les ailes à grands coups d’élucubrations hermétiques déclamées à la face du ciel. Hafez, un poète qui devient même insignifiant lorsqu’il s’agit de commenter les joutes, ne délivrant qu’une parole monstrative sans grand intérêt pour le spectateur. Trop présent, trop puissant dans le film et bien entendu narrateur inutile. Il gâche vraiment tout.
    Faut-il continuer ? On pourrait pour convaincre définitivement pointer du doigt l’évidence : plus l’aura du personnage est décuplée plus il en devient caricatural. C’est donc finalement l’image d’un mystique à robe longue façon Rael que Hafez revêt, plutôt que celle du dépositaire du conte ou d’un réel spectacle épique.

    Sans l’empreinte du conte, Bouzkachi aurait pu être un formidable documentaire. Mais il ne reste qu’un elexir inefficace, un breuvage magique dont le charme et l’essence n’opère pas. Dommage.
    Thérèse Di Campo

Critiques : Bouzkachi, le chant des steppes 1 étoiles

  • Les Inrocks
    Les Inrocks

    " Le sujet, intéressant, est gâché par l’absence de rigueur et de cohérence entre niveau de récit (…) et artifices de filmage."
    Vincent Ostria (article entier disponible dans Les Inrocks n°691, page 50)
  • 20 Minutes
    20 Minutes

    " On peut se laisser envoûter par cette fable si l'on est séduit par sa musique omniprésente et un brin lancinante. "
    (article entier disponible dans 20 Minutes du 25/02/2009)
  • Le Monde
    Le Monde

    " Une boîte à idées ne suffit pas à faire un film et les images rigoureusement composées qui célèbrent la beauté austère des steppes (…) s'accumulent sans trouver ce mouvement qui différencie le cinéma du diorama..
    Thomas Sotinel (article entier disponible dans Monde du 25/02/2009)
  • Brazil
    Brazil

    "Le tout reste plutôt statique et même les scènes de luttes (…) sont mollassonnes."
    Véronique Kientzy (article entier disponible dans Brazil n°16, page 21)
  • Télérama
    Télérama

    « Malgré tous les efforts déployés par le réalisateur pour raconter son histoire (…), l’action piétine et l’ennui pointe. »
    (article entier disponible dans Télérama n°3085, page 45)
  • Studio CinéLive
    Studio CinéLive

    " (…) Un compte d’une naïveté confondante.
    L.D. (article entier disponible dans Studio CinéLive n°2, page 52)
  • TéléCinéObs
    TéléCinéObs

    "Généreux mais vraiment trop naïf."
    Bi.A. (article entier disponible dans Télé Ciné Obs n°2312, page 30)
  • L'Express Styles
    L'Express Styles

    " De belles images pour un récit trop maniéré pour convaincre. "
    (article entier disponible dans L'express Mag n°3008, page 50)
 

Avis des Spectateurs

Moyenne :  étoiles
10 avis 4 étoiles
15 avis 3 étoiles
10 avis 2 étoiles
9 avis 1 étoiles

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 13 entrées
  • 1er jour IDF : 29 entrées
  • 1ère semaine IDF : 291 entrées
  • Cumul IDF : 291 entrées