Critiques : Bug

    en DVD le 15 Janvier 2008

Notre critique : Bug

    Voyage au bout de l’enfer

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Un hôtel miteux perdu dans le désert américain. Agnès écoule ses journées dans sa chambre moite entre une bouteille de vodka et un paquet de cigarettes. Rongée par la solitude depuis l’emprisonnement de son mari et la disparition de leur enfant, sa vie bascule lorsqu’elle rencontre un inconnu dans le bar où elle travaille. Il s’appelle Peter. C’est un ancien soldat timide et énigmatique. Il apporte à Agnès l’affection dont elle manque cruellement depuis trop longtemps. Au même moment, Jerry sort de prison. Les personnages vont se croiser dans cette chambre à l’atmosphère lourde où des insectes étranges apparaissent du jour au lendemain…

    Certains films dérangent, bousculent à tel point qu’en sortant de la salle, le spectateur perd ses repères. Les images encore collées à la rétine, l’ambiance lourde pesant sur chaque pas, on cherche une bouffée d’air, un moyen d’oublier, une porte de sortie. Le soulagement n’arrivera que bien plus tard, quand la réalité aura enfin eu raison de la fiction. Avec ce nouveau long-métrage, William Friedkin signe un film claustrophobe à la virtuosité oppressante Si en 2003, Traque dissimulait déjà secrètement les signes d’un retour au plus haut niveau, le cinéaste confirme avec Bug qu’il n’a rien perdu de sa splendeur. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2006, Bug est adapté d’une pièce de théâtre écrite par Terry Letts. Un huit clos dans lequel deux personnages vont tomber petit à petit dans une paranoïa basée sur des insectes imaginaires. Ou quand l’amour aveugle une folie grandissante.

    Les premières images de Bug installent une atmosphère pesante qui perdurera bien après la fin du film. Un plan aérien mélangé au bruit des pales d’un hélicoptère montre un motel perdu au milieu de nulle part. Quelques plans fixes sur un téléphone qui sonne, sur un appareil de climatisation défectueux, sur un ventilateur, et puis on la voit : Ashley Judd en Agnès, femme désoeuvrée dont le visage porte les marques des tragédies de la vie. C’est la première étape d’un long-métrage découpé comme une pièce de théâtre avec des fondus au noir. William Friedkin impose son ambiance avec une réalisation au style incisif menée de main de maître. On plonge directement dedans, pris de pitié devant la vie morose de cette serveuse, assistant à sa rencontre avec Peter, découvrant au fur et à mesure le danger que représente cet homme mystérieux à la folie grandissante. Michael Shannon interprète magistralement le paranoïaque. Il atteint son paroxysme dans une scène où il est victime d’une crise d’épilepsie. Face à Ashley Judd, qui propose une performance extraordinaire, le couple de comédiens dépasse les frontières du jeu d’acteur, se laissant aller devant la caméra pour une prestation qui rentre dans les annales du genre.

    C’est avec l’arrivée du premier insecte que la descente aux enfers débute réellement. Cachée et contenue jusque là, la démence obsessionnelle de Peter explose dans ce nouvel acte. Une pathologie mentale d’abord ignorée par Agnès, puis acceptée avant d’être partagée. De plus en plus lourde, l’ambiance pèse. Les personnages évoluent physiquement. Peter s’arrache une dent à main nues, persuadé qu’elle contient un nid d’aphides, ces insectes qu’on ne verra jamais. Le sang apparaît. Il gicle. La folie se fait omniprésente. La chambre d’hôtel se mue en piège géant, les papiers collants obstruent la vision, les murs se recouvrent de papier aluminium, le bruit des insectes plombe cet univers malsain... Le couple se soutient, dérive dangereusement vers des théories délirantes. Telle une bombe qui n’attend que d’exploser, le tout s’achève dans un final terrible. L’écran tourne au noir. Le générique de fin apparaît. Dérouté, perdu et troublé, le spectateur ne s’en remet pas. Bug laisse dans la bouche un parfum de cruauté intense. Un grand moment cinématographique.
    Alain Martino

Critiques : Bug 1 étoiles

  • Rolling Stone Magazine
    Rolling Stone Magazine

    " William Friedkin (…) revient au meilleur de son univers pervers et ambigu. Fort d’un rythme implacable et d’une montée en puissance quasi insoutenable, Bug distille un malaise tenace. "
    M.L. (article entier disponible dans Rolling Stone Magazine n°48, page 81)
  • Crossroads
    Crossroads

    " Dans cette démence, il se peut que vous lâchiez prise, mais si vous vous accrochez bien, vous assisterez à un volcan cinématographique allant jusqu'à son point culminant : l’éruption salvatrice "
    Eric Coubard (article entier disponible dans Crossroads n°51, page 20, 21)
  • Score
    Score

    " A l’évidence les deux personnages sont totalement, absolument et irrémédiablement cinglés, mais le spectateur est invité à une telle promiscuité avec leur délire paranoïaque (…) qu’il finit par ne plus être sûr de rien. "
    Léonard Haddad (article entier disponible dans Score n°28, page 59)
  • Les Inrocks
    Les Inrocks

    " Shyamalan et d’autres avaient déjà, avant Friedkin, embrassé les angoisses de l’Amérique dans de brillantes fictions du repli. Bug a cela de beau et de singulier qu’il relate cette même rétraction à l’échelle d’une aliénation amoureuse."
    Julien Gester (article entier disponible dans Les Inrocks n°586, page 46)
  • Télérama
    Télérama

    " (Friedkin) livre ici une véritable leçon de cinéma basique. "
    Jacques Morice (article entier disponible sur le site www.telerama.fr)
  • Metro
    Metro

    " Inspiré par les fléaux du monde moderne, ce conte angoissant est filmé de main de maître par Friedkin, servi de surcroît par un duo d’acteurs littéralement possédés."
    Jérôme Vermelin (article entier disponible sur le site www.metrofrance.com)
  • CinéLive
    CinéLive

    " Voilà un film OVNI halluciné et hallucinant, dont on sort groggy, avec l’irrépressible envie de se gratter pour enlever nos puces, vivantes ou informatiques."
    Laurent Djian (article entier disponible dans Cinélive n°109, page 48)
  • Les Cahiers du cinéma
    Les Cahiers du cinéma

    " Aujourd’hui, Friedkin ironise encore, pour la forme, sur le bug de l’art, tout en s’y abandonnant avec ravissement. "
    Hervé Aubron (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°620, page 47).
  • Le Point
    Le Point

    " D’une pièce de théâtre Friedkin a tiré un huis-clos paranoïaque et oppressant, où la vérité se dilue dans la folie d’une humanité pitoyable."
    F.-G. L (article entier disponible dans Le Point n°1796, page 132)
  • Studio Magazine
    Studio Magazine

    " S’il fera fuir les âmes sensibles, l’obsédant Bug est un bien plus qu’un thriller de premier plan : une œuvre politique majeure et salvatrice. "
    Thierry Chèze (article entier disponible dans Studio n°232, page 26)
  • VSD
    VSD

    " D’une tension psychologique et d’une brutalité parfois insoutenable, cette exploration de la paranoïa est orchestrée par une mise en scène littéralement engagée. "
    (Article entier disponible dans VSD n°1539, page 64)
  • Le Monde
    Le Monde

    " Dans Bug, il n'y a pas seulement une manière de considérer les corps dans leur épaisseur charnelle, il y a aussi la proclamation par un cinéaste d'une exigence catégorique : celle d'un réel qui ne serait pas seulement visible mais aussi consistant. "
    Jean-François Rauger (article entier disponible sur le site du Monde)
  • 20 Minutes
    20 Minutes

    " L’enfermement progressif des personnages (…) symbolise une Amérique repliée sur elle-même. Refusant de distinguer clairement fantasme et réalité, le cinéaste capte la terreur brute d’êtres prisonniers de leurs névroses, en un huis clos particulièrement étouffant."
    Caroline Vié (article entier disponible sur le site www.20min.fr)
  • Le Nouvel Observateur
    Le Nouvel Observateur

    " Le film (…) est frappadingue comme on aime. "
    Pascal Mérigeau (article entier disponible dans Le Nouvel Observateur n°2207, page 116)
  • Positif
    Positif

    " Avec ce film, William Friedkin retrouve une nouvelle jeunesse et montre qu’il n’a rien perdu de son esprit anarchiste ni de ses ambitions."
    Laurent Vachaud (article entier disponible dans Positif n°553, pages 40-41)
  • L'écran fantastique
    L'écran fantastique

    " (…) Avec Bug, le réalisateur de L’Exorciste s’intéresse moins à l’agressivité des invertébrés qu’à la détresse d’êtres humains en pleine dérive émotionnelle. "
    Gilles Penso (article entier disponible dans L'écran fantastique n°273, page 18)
  • Paris Match
    Paris Match

    " Dans un monde incertain où la manipulation est reine, le réalisateur arpente la frontière entre le doute et la vérité avec l’efficacité d’un technicien chevronné. "
    C.H. (article entier disponible dans Paris Match n°3014, page 16)
  • Le Parisien
    Le Parisien

    " Avec ce film sur la paranoïa, William Friedkin bascule du côté du huit clos psychologique sanglant. "
    Hubert Lizé (article entier disponible dans Le Parisien du 21/02/07)
  • TéléCinéObs
    TéléCinéObs

    " Pénible réflexion sur la paranoïa (…). "
    O.B. (article entier disponible dans TéléCinéObs)

Critique Cannoise : Bug 3 étoiles

  • Les Inrocks
    Les Inrocks

    " Le film nous agrippe dès le premier plan et ne nous lâche plus jusqu’au dernier, dans un crescendo magistrale. "
    S.K. (article entier disponible dans Les Inrocks n°547, page 37)
  • Télérama
    Télérama

    " Flippant, audacieux avec peu de moyens, son Bug nous embarque très loin dans la parano et la passion maladive sans jamais sortir d'un motel pourri (…).La malice de Friedkin est de laisser planer le doute, non sans moquer au passage toutes les théories complotistes assez fumeuses dont les séries télévisées se gargarisent."
    J.M. (article entier disponible sur le site de Télérama)
  • Libération
    Libération

    " Ça fait beaucoup de bien aux yeux puis à l'esprit de voir un cinéaste américain, l'immarcescible William Friedkin, en colère contre ce qui mérite en effet que l'on s'énerve. A savoir la bouse mentale qui sert de scénario à une multitude de films hollywoodiens et, surtout, aux séries dites fantastiques. "
    Gérard Lefort (article entier disponible sur le site de Libération)
 

Avis des Spectateurs

Moyenne :  étoiles
31 avis 4 étoiles
34 avis 3 étoiles
19 avis 2 étoiles
14 avis 1 étoiles

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 17 009 entrées
  • Cumul IDF : 24 926 entrées

  • 1ère semaine France : 29 486 entrées
  • Cumul France : 42 110 entrées