Deux brunes : l’une pétillante et l’autre à la limite de la dépression. Ces deux femmes ne se connaissent pas. Elles sont liées, sans le savoir, par un abat-jour et surtout parce qu’elles aiment le même homme.
Le spectateur attend tout au long du film que ces deux femmes se rencontrent. Pourtant, quand elles comprennent qu’elles sont tombées amoureuse du même Agostino, le film reste mou et sans action.
Call Me Agostino, une histoire banale d’un homme qui couche avec deux femmes, aurait pu être une comédie sentimentale sympathique. Mais les rendez-vous manqués entre les personnages, la narration et les spectateurs ne laissent aucune chance à l’intrigue de s’épanouir pour devenir intéressante. La salle voit se dérouler une histoire sur un rythme long dénué d’énergie. Une suite de séquences qui suscitent peu d’émotion, mais plutôt de l’ennui. Même les moments qui sortent de la narration (trop) classique du film (danse, chant, claquettes) sont tellement contradictoires avec le reste qu’ils desservent l’intrigue. Viennent s’ajouter des personnages qu’on n’attendait pas et dont la présence n’apporte pas grand-chose au déroulement des événements.
En revisitant ainsi Don Juan,
Christine Laurent ne marquera pas le cinéma romantique. Elle voulait que son film soit une balade parisienne… Peut-être était-ce une bonne idée si elle l’avait continué pendant toute la durée de l’histoire au lieu de l’effacer. Seule l’ambiance du film peut être agréable : un air des années 70, une dose de poésie et de douceur… Comme un vent de légèreté, peut-être trop amorphe et pas assez relayé (encouragé ?) par le reste du long-métrage.
Emilie Chamoreau