Suite à une « altercation » entre le fils de Penelope et Michael, un couple bien sous tous rapports, et le rejeton de Nancy et Alan, paire toute aussi propre sur elle, les deux couples de parents décident de se réunir afin de traiter au mieux cette mini crise. Mais ce qui devait être une conciliation adulte et responsable va rapidement se transformer en un jeu de massacre au cours duquel tout le monde en prendra pour son grade. Place, alors, au
Carnage.
Sartre nous avait pourtant prévenus (et notre société contemporaine, toute en
open space et autre télé-réalité-poubelle qui brûle les yeux, nous le démontre tous les jours) : L'Enfer, c'est les autres. Il n'empêche qu'une intelligente petite piqure de rappel fait toujours du bien. Ça tombe bien, c'est le facétieux
Roman Polanski qui s'en charge en adaptant, pour le grand écran, la pièce
Le Dieu Du Carnage de
Yasmina Reza.
A travers l’exploration d’une banale réunion bourgeoise virant au pugilat mesquin, le réalisateur du
Pianiste sert un savoureux diagnostic de notre société d’apparence et de convenances. Férocement drôle,
Carnage assure avec brio – grâce notamment à des dialogues tranchants servis par une mise en scène et une direction d’acteurs rigoureuses – le passage au grand écran d’un huis clos théâtral toxique, nous rappelant avec élégance le délicieux (mais vénéneux) attrait du conflit.
Eléonore Guerra