Il était une fois, un étudiant aux Beaux Arts devenu insomniaque suite à sa rupture avec sa copine casse-pieds. En temps normal, c’est pas top comme situation. Sauf si, comme Ben, on trouve le moyen d’arrêter le temps et qu’on passe ensuite ses nuits à regarder sous les jupes des filles ainsi innocemment figées.
Il était une fois, un photographe de mode et de pub ultra-reconnu et totalement
hype :
Sean Ellis. Fasciné par l’exploration de la beauté, l’esthète fashion décida un jour de faire bouger ses poupées, ce qui donne aujourd’hui
Cashback.
Le premier film de
Sean Ellis est décidemment un drôle d’objet. Ne cherchez rien du côté du scénario : outre le fait qu’il tienne sur un coin de post-it, il n’y a absolument rien à y trouver puisqu’il ne sert que de prétexte aux errances d’un esthète solitaire. A part ça, honnêtement, on s’en tape de savoir si Ben finira par sortir avec Sharon. L’intérêt est ailleurs. Et heureusement, il saute aux yeux.
Il faut en effet avouer que, pour un premier film, Ellis réussit – avec une habileté assez étonnante – à capter un monde en suspension d’une sincère élégance. Les qualités esthétiques sont indéniables et régulièrement envoûtantes, au point qu’on se laisserait volontiers piéger dans l’univers fantasmé de Ben.
Malheureusement, le photographe reste omniprésent et le réalisateur ne tient pas la distance du long-métrage. Ainsi, entre deux rêveries ouatées servies par une très belle photo (ça tombe bien) et une mise en lumière soignée, on assiste, pantois, à une série de scènes « comiques » complètement parachutées. Sorties de nulle part, pas particulièrement ratées dans leur genre (mais pas franchement réussies non plus), elles sont totalement déphasées. Volonté de casser le rythme ? D’humaniser le personnages ? De combler un surplus de pellicule ? Mystère. Quoi qu’il en soit, très vite, on ne sait plus trop quel film on regarde et la frustration s’installe. C’est bien dommage car
Cashback contient de réels partis pris de mise en scène tant spatiale que temporelle. Des partis pris parfois audacieux qu’il aurait été intéressant de creuser.
Oui,
Cashback aurait pu être un bon film.
Eléonore Guerra