Tellement d’encre a déjà coulé sur ce fameux James Bond… Depuis des mois, les puristes crient au scandale, à l’infamie, à l’assassin. Pour eux… Qu’importe que l’histoire soit adaptée du premier épisode de la saga de Ian Flemming. Qu’importe que
Martin Campbell reprenne les rênes après
Goldeneye. Qu’importe que le scénario nous livre les premiers secrets top secrets de l’agent le moins secret de sa Majesté. Parce que, finalement, ce qui faisait le plus parler, c’était le choix du blondinet
Daniel Craig. Peur que la couleur des cheveux influe sur ses neurones ? Ou jalousie pure et simple d’un beau gosse blond aux yeux bleus et au corps à poser dans le calendrier des Dieux du Stade ? Mystère et boule de gomme. Aurait-on déjà oublié que ceux qui fustigent Craig et encensent l’ex-Bond
Pierce Brosnan aujourd’hui sont déjà ceux qui criaient au scandale lorsque ce même Brosnan avait enfilé le costume ? Alors oublions les critiques de ceux qui n’avaient encore rien vu, oublions les préjugés, les cinq centimètres en moins de Craig qui ne lui font pas atteindre la taille réglementaire, et allons faire un tour au casino où ce nouveau Mister Bond abat ses nouvelles cartes.

Car on croyait tout savoir sur James Bond, ses flingues, ses voitures, ses boissons, ses goûts vestimentaires et son type de femmes. N’importe quel puriste aurait pu désigner l’un ou l’autre les yeux fermés. Et pourtant. Quarante ans plus tard, le so sexy Monsieur Bond arrive encore à nous surprendre. Tout simplement parce que pour sa 21ème incursion dans le Septième Art, âge de la maturité Outre-Atlantique, il nous conte ses débuts, ses erreurs, son côté obscur, sa violence incomparable et son double zéro si cruellement acquit. Car si tous les éléments qui font d’un Bond une vraie bombe sont une nouvelle fois réunis - baston, cascades, scénario hallucinant, Aston Martin et belles nanas - il y a ce petit truc en plus qui fait de ce Casino un film royal.
Intelligent, surprenant et plutôt bien rythmé, le film de
Martin Campbell nous renvoie au passé de James Bond avec foultitude de clins d’œil - mais surtout, au futur. Et oui, quoi qu’on en dise, ce
Casino Royale est incroyablement innovant. Car il y a cette tension assez palpable, cette scène de torture qui restera dans les annales, cette course-poursuite avec un ex-Yamakasi, ces traits d’humour toujours bien placés et ses répliques bien senties, cette première séquence en noir et blanc et cette violence qui transpire comme ces larmes de sang du méchant très très méchant. Sans tous ses gadgets, Bond est presque un bleu qui doit faire ses preuves… Il est amoureux, il commet des erreurs et donne sa confiance… Bref, il n’est pas tout à fait encore celui que l’on connaît. Alors, finalement, quoi de plus logique pour un
new James Bond qu’une nouvelle tête ?
Certes,
Daniel Craig n’a pas le sourire d’un
Pierce Brosnan. Il n’a pas la classe d’un
George Clooney (qui aurait fait un splendide 00 !!!) ou la totale de
Sean Connery. Certes. N’empêche qu’avec son superbe costume et ses multiples égratignures sanguinolentes sur le visage, ce cher Monsieur Craig a de quoi faire craquer ses demoiselles. Et puis, bien sûr, il y a
Eva Green, splendide dans sa robe de soirée, Bond Girl pas comme les autres qui sort de son rôle de somptueuse plante verte pour devenir un personnage à part entière.
Ne cherchons pas, il y a aura toujours des puristes pour remettre en cause l’intégrité de
Daniel Craig, son bouton de manchette trop petit ou sa chaussure trop grande, le collier d’
Eva Green trop beige ou sa robe trop longue. Et pourtant, avec
Casino Royale, James Bond nous prouve qu’il n’a pas dit son dernier mot face aux p’tits nouveaux. Car James Bond sera toujours James Bond…
Aurélie Maulard