Pendant le mois de juillet, le soleil brille, les corps se dorent sur la plage, tout le monde est en vacances. Tout le monde sauf… Le Père Noël. Qui, pour faire son intéressant, a décidé de prendre de l'avance et de nous offrir, en plein été, notre premier cadeau sous le palmier. Car ce
Charlie et la chocolaterie a tout pour être un film de mi-décembre : des enfants, des bonbons, un joli conte de sorcières et de la neige sur les toits. Pourtant, ce chocolat est loin de fondre dans nos mains, et nos pupilles se régalent de cette histoire sucrée-acide qui nous ferait croire au Père Noël et à la petite souris. Après
Edward Aux Mains D'Argent,
Sleepy Hollow ou encore
Beetlejuice,
Tim Burton n'a plus besoin de prouver grand chose : il est, pour tout le monde, fan ou non, un génie farfelu et très chevelu qui raconte des histoires à dormir debout ou rêver éveillé. Et ce nouveau film ne déroge pas à la règle burtonienne : un univers à part entière, entre Mars et Jupiter, une totale maîtrise des couleurs, de la mise en scène, de l'espace, et un mélange des genres les plus improbables, du fantastique au poétique, le film pour enfants, la comédie musicale… On retrouve les habitués,
Johnny Depp, parfaitement méconnaissable,
Helena Bonham Carter,
Christopher Lee, des personnages bizarres et excentriques, qui rappellent à nos mémoires de cinéphiles les autres films marqués de la patte burtonienne.
Comme le livre dont il est adapté, comme les autres films signés
Tim Burton,
Charlie… a plusieurs lectures. On se croit parfois au pays merveilleux de Candy, mais si l'on gratte un peu, une couche de cruauté, de sadisme, voire un brin de perversité se cache toujours sous le rose des bonbons sucrés. L'éducation, la société, le comportement des parents vis-à-vis des enfants, le monde actuel en général se voient donc caricaturer, exagérer à souhait, et
Tim Burton en profite pour donner un bon coup de pied dans le conventionnalisme trop bien installé.
Si les petites larmes ne sont pas au rendez-vous, les sourires s'affichent, les yeux brillent et les esprits s'envolent. Le réalisateur n'a donc pas vendu son âme aux sorcières ni au Bon Dieu, oscillant toujours entre les deux, comme en équilibre sur une poutre. Rempli de fantaisie, de magie, de bonheur,
Charlie… déroutera sans doute ceux qui n'adhèrent pas à l'univers burtonnien, mais risque fort d'émerveiller tous les autres. Un film loufoque, fantasmagorique… Il faudrait, tel Willy Wonka, inventer des mots pour mieux définir ce joli conte qui se reçoit comme un cadeau. Car même s'il est moins personnel que
Big Fish, moins sombre que
Sleepy Hollow, moins magique qu'
Edward Aux Mains D'Argent,
Charlie… mérite grandement que l'on fonde pour sa chocolaterie. Alors n'ayez pas peur des caries, gardez votre âme d'enfant, suivez le lapin blanc et entrez une nouvelle fois dans le monde magique de
Tim Burton...
Aurélie Maulard