Depuis son premier film LA DISTANCE, Buddhadeb Dasgupta a fait du chemin. Toujours avec cette verve propre à sa marque d’auteur, le réalisateur indien vacille entre poésie, fable, réalisme, tragique et humour… Un cinéma particulier qui se distingue fortement du spectacle de la grande machine " Bollywoodienne ".
Ici, loin des paillettes de la danse et de l’histoire d’amour habituellement exploitées comme un leitmotiv pour de nombreux cinéphiles indiens, des thèmes aussi douloureux que la prostitution, la solitude d’un couple de personnes âgées, l’absence d’amour se fondent sur le sujet du mariage forcé.
L’histoire se déroule dans les années 70 en Inde, au même moment que les premiers pas sur la lune. Peut-être est-ce pour souligner l’espoir d’un futur meilleur ? Le souhait de voir les progrès technologiques avancer de paire avec les progrès humains…
Lati, l’héroïne de 14 ans, est contrainte selon le vœu de sa mère prostituée d’épouser Natabar, un homme mûre et aisé. Mais Lati, douée à l’école, veut étudier. Son professeur est alors l’exemple même du rêve. Bien que situé il y a 30 ans, l’histoire ne manque pas d’aborder un fond d’actualité, notamment la scolarité des filles.
Sous un réalisme étrangement affirmé, le tragique et le comique se partagent le ton du récit, donnant un fil de la narration assez curieux, mais particulièrement subtil.
Buddhabed Dasgupt défend son cinéma indépendant tout en restant proprement ancré dans le lyrisme de sa culture. Il dénonce les failles d’un système que l’on a coutume de désigner comme la plus grande démocratie du monde. Son travail reste percutant…
Nadège Fleury