Faisons simple. Pour son premier long-métrage de fiction,
Todd Robinson revisite le Film Noir : fait-divers historique sanglant (d’ailleurs déjà repris sur grand écran), atmosphère lourde, reconstitution minutieuse, impers mouillés, etc… Tout est là. Et plutôt bien là. Par contre, lorsqu’on lit le dossier de
Cœurs Perdus, on ne peut s’empêcher d’être surpris, notamment par la Note d’Intention du réalisateur : «
Cœurs Perdus porte sur la sombre réalité de l’existence d’un inspecteur de la police criminelle, sur la manière dont son travail envahit sa vie et l’isole peu à peu des siens. » Hum, Hum… On ne comprend pas trop ce que Robinson veut dire avec cet hommage à son grand-père, mais l’important est clairement ailleurs.
Alors ok :
John Travolta incarne bien le flic fatigué, mais, franchement, à côté du couple de tueurs dégénérés (
Jared Leto et SURTOUT
Salma Hayek), il ne tient pas la distance.
Quoi qu’il en soit, avec ces deux histoires parallèles – l’une pleine d’affect filial, l’autre froidement réaliste – Robinson tient le bon bout. Surtout si on s’accroche à ce clone de
Bonnie & Clyde diablement malsain. A elle seule,
Salma Hayek porte le film aux portes de l’enfer et tient tous les personnages entres ses griffes, clairement un cran au dessus du reste de la meute. Responsable des images les plus dures du film (au propre comme au figuré), elle est redoutablement dérangeante.
Véritablement la (re)découverte du film.
Eléonore Guerra