Le comédien américain
George Clooney passe pour la première fois derrière la caméra, choisissant de s’attaquer au difficile scénario de
Charlie Kaufman qui fait le tour d’Hollywood depuis plusieurs années : celui de l’adaptation du livre autobiographique de
Chuck Barris, producteur d’émissions télévisées à succès. C’est donc sous la houlette de Section 8, sa société de production qu’il partage avec
Steven Soderbergh, que les deux amis se lancent dans l’aventure.
Si la marque du producteur exécutif Soderbergh est largement présente tout au long du film (notamment dans les choix esthétiques, la photographie),
George Clooney a également su trouver son style, optant pour un ton tragi-comique. De même, le choix du format Cinémascope est très bien utilisé par le réalisateur qui occupe intelligemment l’espace. Il sait en jouer comme dans cette scène très réussie où les candidats à un jeu de rencontre amoureuse ("Tournez Manège" si vous préférez) sont "passés en revue" de manière quasi-militaire par l’un des producteurs de la chaîne.
Le scénario, subtilement troublant, vous fait pénétrer dans les souvenirs de
Chuck Barris. Celui-ci menait une double vie… réelle ou fantasmée, peu importe, entre le producteur de télé qu’il était et le tueur à gages pour le compte de la CIA dont il parle dans son livre. Ces deux vies se déroulent dans deux mondes bien distincts, chaque personnage du film évoluant dans le sien, sans jamais en sortir. Le seul à pouvoir passer allègrement de l’un à l’autre étant Chuck… et bien sûr nous-même, spectateur.
Si la présence de
Julia Roberts dans l’un des rôles clefs du film s’avère très décevante et aurait largement pu se limiter à une apparition en "guest-star" comme
Brad Pitt ou
Matt Damon, il convient de s’arrêter sur les autres prestations :
Sam Rockwell (
Chuck Barris), une nouvelle fois révélé par ce rôle qui lui colle à la peau ;
Drew Barrymore, pétillante et naturelle en Penny, la petite amie de Chuck ; ou encore un
George Clooney moustachu qui, décidément, n’en finit pas de nous épater.
Amélie Chauvet