Malgré quelques tentatives de
revivals, il faut avouer que le polar est devenu une denrée rare dans le cinéma français : trop frileux, trop peu crédible… comme si le 7ème art tricolore – par manque de Robert De Niro dans ses poches ? - ne parvenait plus à donner corps à l’uniforme. D’où le succès paradoxal de comédies potaches mettant en scène un certain taxi blanc.
Un premier film d’un ancien flic (co-scénariste ponctuel du « Commissaire Moulin » et scénariste du sombre
36, Quai Des Orfèvres), un sujet épineux de tueur pédophile et un capitaine de la Crim’ touché de plein fouet…
En pleine disette policière, Contre-Enquête présente quelques sérieux atouts pour nous sortir de notre torpeur. Mieux : exit les vieux briscards du genre (Jean Reno and Co.) et bienvenue aux valeurs montantes. Un
Jean Dujardin - décidemment cruellement sous-exploité - dans la peau du flic brisé face à un
Laurent Lucas tout simplement glaçant.
Une intrigue à double-fond, une progression certes classique (du drame initial au twist final), mais plutôt efficace, une palette de gueules de genre (souhaitez ne jamais croiser
Laurent Lucas dans une ruelle sombre), etc. Le plat risque d’être bon vu la liste d’ingrédients.
Il n’est pas mauvais... mais aurait pu être bien meilleur avec un peu plus de savoir-faire. Formé à l’école TV, Mancuso tombe parfois dans une mise en scène
téléfilmesque et un phrasé «
Julie Lescaut ». On n’est pas maso, mais on avoue qu’on aurait peut-être apprécié un peu moins de diction et un peu plus de naturel.
C’est encore un peu maladroit, mais ça mérite franchement d’être surveillé de près.
Eléonore Guerra