Ces dernières années, on a vu débarquer dans les salles obscures une flopée de biopics… Plus ou moins réussis… Plus ou moins marquants.
En 2007,
Anton Corbijn, photographe et réalisateur de clips ultra reconnu (notamment pour ses collaborations avec U2 et Depeche Mode), change radicalement la donne en nous offrant
Control, une œuvre captivante, renversante et d’une incroyable beauté.
Faire un film sur Joy Division, groupe new wave anglais formé en 1977, était un pari risqué. C’est en effet s’attaquer à un groupe mythique qui a influencé nombre de formations rock.
Tout commence en 1997 avec la publication de « Touching from a distance », bouquin écrit par
Deborah Curtis, la veuve du leader. Ni une ni deux, le projet d’adaptation était plus qu’envisagé. Après moult tergiversations, le choix du réalisateur pour relever le défi s’est porté sur Corbijn… Bien qu’il n’ait jamais mis en scène de long-métrage, son nom est apparu comme une évidence. Pour l’anecdote, Corbijn a quitté les Pays-Bas pour Londres afin d’
« être plus proche de là d’où venait leur musique » !
Control raconte la descente aux enfers de Ian Curtis, avec une justesse et une tendresse remarquables. Ce n’est pas seulement un film musical, mais une histoire touchante sur le destin d’un homme pas comme les autres… Talentueux, torturé, en proie à de nombreux démons, et souffrant de violentes crises d’épilepsie. Elles bouleverseront son quotidien, au point d’inspirer son jeu de scène si particulier, et surtout de gâcher ses concerts. Donnant tout (trop) à son public, il se mettait dans des états de transe troublants, au point de déclencher des crises.
Sam Riley, jeune premier et musicien de vocation, se glisse de manière bluffante dans la peau de Curtis… Tout est impressionnant de ressemblance : le physique, le regard hypnotisant, la gestuelle…
En seulement quelques années d’existence, Joy Division a su s’imposer en tant que groupe culte et incontournable de la scène anglaise. Ian Curtis se suicide à l’âge de 23 ans, la veille de leur tournée américaine qui s’annonçait d’emblée un énorme succès. Sa mort prématurée l’érige en légende… Presque 30 ans après, son film se devait d’être à la hauteur. Et c’est chose faite ! On sort de la salle, une boule au ventre, scotchés par leur musique entêtante, repensant à ce destin tragique merveilleusement mis en scène…
La musique et le cinéma ont rarement fait aussi bon ménage… Espérons que le talent de Corbijn ouvre la voie.
Fanny Cairon