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Critiques : De rouille et d'os

    en DVD le 07 Novembre 2012

Notre critique : De rouille et d'os

    De battre votre coeur va s'arrêter

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    Ali est dans la mouise. Sans argent, ni boulot et flanqué d'un fils qu'il connaît à peine, il quitte le Nord et trouve refuge chez sa soeur à Antibes. Ali est peut-être un peu paumé, mais s'il y a une chose qu'il sait faire - et plutôt bien, même - c'est se battre. Au propre comme au figuré d'ailleurs. Un soir, le jeune homme va rencontrer Stéphanie. Elle est belle, forte. Entre eux, il ne se passera rien. Jusqu'au jour où, suite à un accident, Stéphanie va perdre ses deux jambes, son boulot, ses ambitions. Leurs chemins vont alors se télescoper... pour ne plus se séparer.

    De rouille et d


    De chair et de sang
    Après la fantaisie de Wes Anderson présenté mercredi soir en ouverture du 65ème Festival International Du Film De Cannes 2012, voici donc le premier choc de la Quinzaine. Trois ans après son tableau saisissant de l'univers carcéral dans Un Prophète (Grand Prix du 62ème Festival de Cannes), Jacques Audiard - qui n'a vraiment pas froid aux yeux - s'attaque... à un mélo. Sacrilège ? Bien au contraire !

    Mettant en scène avec sobriété un ballet de gueules froissées et tordues par la vie, le réalisateur de Sur mes lèvres filme cette histoire d'amour bancale, pudique, entre deux poupées cassées qui n'auraient jamais dû se rencontrer, mais qui vont se soutenir et se pousser toujours plus loin, toujours plus haut, à la frontière de la déchirure. Peu de cinéastes francais parviennent à marier avec autant de maîtrise et d'empathie cinéma social et émotions au sens noble du terme. Et Audiard est définitivement de ceux-là. Filmant l'amour comme un polar (à l'instar d'un James Gray), le réalisateur - dont les talents de scénariste et de dialoguiste laissent pantois - s'accroche aux corps comme aux âmes et suit au plus près ces deux bêtes perpétuellement blessées mais n'abandonnant pourtant jamais leur lutte pour trouver leur(s) place(s) dans une vie qui ne leur fait pas de cadeau.

    de rouille et d


    Evidemment, on peut gloser à l'envie sur le potentiel "machine à récompenses" de De rouille et d'os. Du scénario mélo au réalisateur surdoué dont chaque long-métrage rafle sa moisson de prix, notamment pour les acteurs (du Meilleur Espoir Masculin pour Mathieu Kassovitz pour Regarde les hommes tomber en 1995 au doublé de Tahar Rahim avec Un Prophète) en passant par le casting imparable (la wonder woman du cinéma hexagonal - aka Marion 'César/Oscar' Cotillard - pourtant toute en retenue et l'incroyable révélation Matthias Schoenaerts), tous les ingrédients sont insolemment réunis pour faire du film le nouveau "chef-d'oeuvre-tête-à-claques" du Festival.

    Cependant, le constat est là : film après film, Jacques Audiard tutoie de si près la perfection qu'on n'oserait lui contester sa couronne. A dire vrai, on n'en a même pas envie.

Critiques : De rouille et d'os 3 étoiles