Le nouveau film de
Tony Scott Domino (
Man On Fire) est inspiré de l'histoire vraie de Domino Harvey, fille du comédien Laurence Harvey et mannequin très en vue à Hollywood, qui décide de tout plaquer du jour au lendemain pour devenir chasseuse de primes. Si la fidélité du film à la vie de Domino s'arrête là-dessus, la fiction qui en découle n'en n'est pas moins intéressante. Mêlant habillement le monde dur et sans pitié des chasseurs de primes à celui, superficiel et édulcoré, de la télé réalité, le film de
Tony Scott est accrocheur, parfois extrêmement violent, parfois très drôle.
Le cinéaste use d'un parti pris visuel très fatigant pour le spectateur, mais qui le plonge ainsi dans le feu de l'action. Plans très courts, montage rapide, lumière crue à dominante souvent jaune, mouvements de caméra brusques,
Domino est plus hystérique que reposant ! Il n'empêche que sans cette esthétique si particulière, l'histoire n'aurait sûrement pas été si percutante. Il en va de même pour les choix scénaristiques, rappelant ceux d'un précédent film de
Tony Scott,
Spy Game, avec une utilisation du temps et des flash-back pas toujours linéaire.
Si l'hommage à Domino Harvey - décédée le 27 juin dernier - n'est pas tellement vibrant, le film vaut surtout pour sa dénonciation originale et intelligente de la violence et du pouvoir des médias - notamment la télévision - aux Etats-Unis. Il intègre ainsi deux excellents personnages de présentateurs de télé réalité, incarnés par
Ian Ziering et
Brian Austin Green (souvenez-vous, Steeve Sanders et David Taylor dans
Beverly Hills 90120) dans leurs propres rôles ! La réussite du casting ne s'arrête d'ailleurs pas à eux :
Keira Knightley,
Mickey Rourke,
Lucy Liu et
Christopher Walken tiennent les rôles principaux. Un régal de les retrouver sur une même affiche.
Tony Scott ne se renouvelle pas beaucoup mais conserve sa petite touche personnelle que l'on avait déjà pu apprécier dans ses précédentes réalisations (
True Romance,
Ennemi D’etat, …).
Amélie Chauvet