Un film inspiré de la sulfureuse histoire des Supremes ? Un «
musical » retraçant l’âge d’or de la
Black Music ? Un long-métrage réunissant
Danny Glover,
Jamie Foxx (étonnant Ray Charles),
Eddie Murphy dans un rôle dramatique et
Beyoncé Knowles dans ses premiers (vrais) pas d’actrice ?
Banco, on fonce !
Le début est prometteur : voilà que se déroule une époque trouble da la société américaine d’après-guerre.
C’est l’éveil d’une communauté noire trop souvent niée ; l’apparition d’une véritable contre-culture musicale plus vivante et plus hargneuse (plus talentueuse ?). Les Dreamettes/Supremes naissent devant nous et on ne demande qu’une chose : les suivre, envers et contre tout. On est prêts.
Et puis, ça coince. Malgré un départ fulgurant et des performances d’acteurs assez bluffantes (Sachez-le :
Eddie Murphy is back et oubliez Beyonce car
Jennifer Hudson vient de faire son entrée), le soufflet retombe. Très vite, la tension se concentre sur les personnages avec une telle insistance qu’on frôle l’autisme. Du coup, ce qui donnait une énergie folle au film – la peinture d’un monde en changement – n’est certes pas abandonné, mais cruellement affadi. Les luttes raciales ne sont plus qu’effleurées et on ne peut s’empêcher de se sentir frustrés de ne pas en (sa)voir plus sur le « blanchiment » et l’exploitation de la musique noire.
Bill Condon tombe dans le même piège que la culture à laquelle il rend hommage : il devient trop lisse.
Sans compter qu’à trop vouloir être rigoureux en respectant scrupuleusement la comédie musicale originale, on se retrouve vite devant une succession de tableaux pas toujours heureuse.
Reste une compilation de très bons morceaux soul. Pour le reste, avis aux fans de
La Nouvelle Star.
Eléonore Guerra