L’affiche laissait craindre un
Bad Beaufs 2, un digne successeur des Gomez et Tavares avec cette fois les fameux envoyés très spéciaux du titre. Le « très » laissant entendre qu’on allait rigoler en suivant les aventures de ces journalistes radio envoyés en Irak. Manque de chance, l’un des deux perd l’argent et les billets, ils ne peuvent plus aller à Bassora, sont bloqués à Barbès et ont des sujets à rendre sur la guerre… Quitte à les inventer. Des scoops jusqu’à une fausse prise d’otages dont ils seraient les victimes, entraînant les conséquences et la mobilisation qu’on imagine.
Plutôt cool d’avoir osé rire de ça alors que l’affaire Betancourt battait son plein… Surtout que le scénario est bien huilé : une erreur mène à une autre, l’engrenage se met en place et la situation devient inextricable, ce qui est la réussite du film. Cette accumulation de mensonges en créant d’autres de plus en plus gros et l’impossibilité pour les héros de s’en sortir est réussie, bien écrite, prenante et on n’a pas le temps de s’ennuyer. Il y a toujours quelque chose pour relancer la machine même si elle n’est pas encore en train de s’essouffler.
Côté acteurs, chacun fait son job, Lanvin fait son Lanvin acerbe, Jugnot fait son Jugnot gentil. L’un est bougon et joue le macho solitaire tandis que l’autre fait son habituel numéro de monsieur tout le monde un peu beauf au très grand cœur. La réalisation se montre fonctionnelle et sans éclats, se contentant de mener à bien son entreprise. Ce qui n’est pas un mal.
L’humour ne sera par contre pas au goût de tous. Disons qu’être bon public, et apparemment 20 millions de spectateurs le sont, aidera à vraiment apprécier le film à 100%. Dans le cas contraire, il faudra vous contenter de sourires et de petits ricanements. Tout ça la faute au propos en lui-même, gentil, trop gentil. L’étude de ce qui se passe lorsqu’un journaliste invente son info a été traité de façon admirable dans la dernière saison de
Sur écoute qui arrivait à être vraiment drôle tout en attaquant de front son si sérieux sujet. Une série policière qui a arrive à être plus drôle qu’une comédie. C’est dire le problème.
Nous pourrons aussi regretter que le film se soit senti obligé de nous offrir une énième histoire de mari trompé, comme si le cahier des charges de la comédie française de base l’exigeait. Sans ça, en oubliant également l’apparition de
Laurent Gerra et avec un humour plus méchant, le film aurait dépassé le stade du simple divertissement et aurait pu nous faire vraiment rire.
Nicolas Laquerrière