Quand Frank Gehry, un des architectes les plus ingénieux de notre époque demande à son ami, par ailleurs grande pointure du cinéma, de réaliser un long-métrage sur sa vie et son Œuvre, on obtient un doux mélange de didactisme et d’intimisme.
Sydney Pollack, cinéaste néophyte en documentaire et en architecture, tente de nous livrer les clefs des œuvres et du processus de création de Frank Gehry dans une atmosphère décontractée. Il choisit les esquisses de l’architecte comme point de départ de ce documentaire. Sous l’œil effaré du spectateur, des gribouillis plus qu’abstraits se transforment en bricolage en carton puis en immenses bâtiments qui s’érigent dans les paysages urbains des quatre coins du monde.
Le réalisateur filme en pellicule plus d’une quinzaine d’œuvres sculpturales dont les fascinants Disney Concert Hall de Los Angeles, Musée Guggenheim de Bilbao ou encore le Poisson de Barcelone. Son regard neuf valorise ces merveilles urbaines aux formes insolites dont l’apparente instabilité nous étonnera toujours. L’utilisation du mini Dv réservée aux conversations dans l’atelier et au domicile de l’artiste, traduit parfaitement le caractère informel de celles-ci. Seule ombre au tableau, la décontraction rime parfois avec dispersion. Certains sujets liés à la création ne sont qu’effleurés au fil des discussions sur la vie personnelle et professionnelle de l’artiste. Nous aurions aimé les voir approfondis. Cependant, le documentaire se dessine comme une belle esquisse qui nous permet d’approcher le personnage énigmatique qu’est Frank Gehry et nous éclaire sur son processus architectural inimitable.
Gwendoline Jamesse