Critiques : Essential Killing

    en DVD le 20 Septembre 2011

Notre critique : Essential Killing

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Hélicoptères, vues aériennes, panorama désert de l'Afghanistan. Des troupes américaines contrôlent le territoire. Terré dans un canyon, fébrile, il dégomme trois G.I qui se grillaient tranquillement un pétard.
    Errant dans un immense paysage ensablé, il est mis à terre par un lance roquette et emmené dans ce que l'on suppose être une base secrète américaine. Interrogé et torturé, ni les autorités, ni nous spectateur, ne saurons qui est ce barbu mutique désorienté. Un terroriste ? Un taliban ?

    Cet afghan (on imagine) au regard perdu, parfois illuminé, parvient à s'échapper lors d'un transfert qui tourne mal. Adieu la chaude terre ocre afghane, bonsoir le paysage enneigé et glacial de l'Europe centrale (encore une fois on suppose). Une véritable chasse commence alors, notre fugitif se retrouve en lutte face à la nature, à autrui, et à lui-même ; désormais réduit à un état primitif, telle une bête sauvage se battant pour sa survie.
    Du piège à loup, aux baies toxiques, en passant par un lac gelé, cette forêt hostile (exaltée à l'écran) est un réel piège. Traqué par les forces américaines, prisonnier d'une nature féroce et d'un cadre maîtrisé, sa fuite prend vite les airs d'un chemin de croix, une sorte de quête de rédemption.

    "La guerre est décrétée pour toi bien qu'elle te soit odieuse. Mais il arrive que tu haïsses une chose qui t'es bonne et il arrive que tu aimes une chose qui t'es mauvaise."

    A chaque moment où ce "survivor" semble faiblir, apparaissent des flash back mystiques, voire oniriques. Des leçons de l'école coranique à celle qui semble être sa femme, ces "revival" l'arrachent à son instinct primitif et le ramènent, l'espace d'un instant, à sa condition d'homme. Ces moments humains sont de courte durée dans cette chasse à l'homme qui ne lui laisse aucun répits. Jusqu'à son arrivée ou plutôt son intrusion, dans une maison au fond des bois chez une inconnue (Emmanuelle Seigner) qui, le temps d'une jolie scène, apportera un certain réconfort à cet homme aux abois et de la chaleur au film. On aurait espéré que cette femme sourde et muette puisse lui inspirer quelques mots mais rien, et c'est mieux ainsi, c'eut été trop facile.
    Comme si sa vie n'avait à présent de sens que dans ce perpétuel combat, c'est naturellement que ce guerrier (dont on apprendra le nom au générique de fin seulement) reprendra sa route jusqu'à ce que la nature, que Dieu ait raison de lui.


    Radical, Vincent Gallo s'empare du rôle de façon bluffante, mettant en avant son côté animal et délaissant sa pudeur pour ainsi mieux servir son personnage. Prix d'interprétation masculine à la Mostra de Venise 2010 pour ce film, Gallo fait corps avec la nature et la caméra, parfois subjective, de Jerzy Skolimowski.
    Chez Skolimowski tout est beau, tout est magnifié. De l'insignifiante fourmis à une neige pure et scintillante. Instinctif, Essential Killing prouve que le film d'action n'est pas inaccessible pour le cinéma d'auteur.
    Zoé-Alice Klein

Critiques : Essential Killing 1 étoiles

  • Télérama
    Télérama

    " Jerzy Skolimowski orchestre un thriller cosmique, hanté de bout en bout par Vincent Gallo. "
    Jacques Morice (article entier disponible dans Télérama n°3195, page 42)
  • Brazil
    Brazil

    "La réalisation est magnifique et hypnotique (…) Le film est une pure expérience sensorielle, jouant tour à tour sur des sons stridents et une musique lancinante, quasi muet, soulignant de fait le sentiment d’aliénation du personnage (…) Vincent Gallo est exceptionnel, sa prise de risques pour le film est évidente. (…) Une œuvre majeure et indispensable."
    Sylvain Blanchard (article entier disponible dans Brazil n°39, page 16)
  • Technikart
    Technikart

    " Au-delà d'évidentes hypothèses théoriques parfaitement disséminées, le film subjugue surtout par sa façon de faire s'entrechoquer action et contemplation. Régi par cet harmonie singulière, Essential Killing touche à une forme de poésie minimaliste qui a la profondeur et l'économie du haïku. "
    François Grelet (article entier disponible dans Technikart n°151, page 111)
  • Première (pour)
    Première (pour)

    " Essential Killing est un film de survie pourvu d’une sensibilité européenne, c’est-à-dire contenant une touche de sophistication proche du sarcasme. "
    Gérard Delorme (article entier disponible dans Première n°410, page 30.)
  • 20 Minutes
    20 Minutes

    " Expérience sensorielle intense brièvement éclairée par une apparition d'Emmanuelle Seigner, Essential Killing prouve que le réalisateur polonais de Travail au noir (1980) comme son acteur ont été vraiment habités par leur sujet. Magistral. "
    Caroline Vié (article entier disponible dans 20 Minutes du 06/04/2011)
  • Le Nouvel Observateur
    Le Nouvel Observateur

    "Jerzy Skolimowski signe cet Essential Killing, magnifique épure, poignant mystère. C’est fort, minimaliste, passionnant."
    F.F.(article entier disponible dans Le Nouvel Observateur n°2422, page 54)
  • Les Cahiers du cinéma
    Les Cahiers du cinéma

    " Un mélange spectaculaire de survival et de fable métaphysique. (...) Skolimowski renoue avec le meilleur de son style et en offre même un condensé inattendu : prise de vitesse, succession têtue des actions, démultiplication des hypothèses interprétatives où les allégories politiques voisinent toujours une sorte d'anthropologie brutale. "
    Cyril Béghin (article entier disponible dans Les Cahiers du cinéma n°666, page 21)
  • Le Journal du Dimanche
    Le Journal du Dimanche

    "Le scénario est ascétique et tendu, la mise en scène hypnotique. Ce film provoque des émotions inattendues et pose des questions sur notre humanité en montrant un héros qui désormais tue pour vivre et non plus pour ses idées ."
    D.A. (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 04/04/11)
  • Le Monde
    Le Monde

    " Une radicalité formelle absolue s'y conjugue avec la dynamique haletante d'une chasse à l'homme digne des meilleurs films d'action hollywoodiens. (…) Skolimowski s'est consacré à la peinture, et ce film qui dépeint un monde violemment privé de sens en porte la trace."
    Isabelle Regnier (article entier disponible dans Monde du 05/03/11)
  • Les inrocks
    Les inrocks

    "Une vedette américaine joue un taliban, mais un taliban qui revit la Passion du Christ. C’est que le film ne vise qu’une chose : amenuiser la distance entre soi et l’Autre. (…) Cette appropriation d’un genre, d’un code, pour leur faire accoucher de leur contraire (…) c’est sûrement le plus essentiel des meurtres qu’accomplit dans un éblouissement Essential Killing."
    Jean-Marc Lalanne (article entier disponible dans Les Inrocks n°801, page 73)
  • Mad Movies
    Mad Movies

    " L'ensemble hésite un peu entre le message politique et un trip abstrait. (...) Vincent Gallo porte le film, tour à tour hébété, sauvage, pitoyable, menaçant. "
    Gilles Esposito (article entier disponible dans Mad Movies n°240, page 29)
  • Figaroscope
    Figaroscope

    " Un exercice de style désespéré pour un cinéaste de la sensation. Si le but du film échappe parfois au spectateur, restent la beauté des images et quelques fulgurances cinématographiques. "
    Isabelle Fargette (article entier disponible dans Figaroscope du 06/04/2011)
  • Libération
    Libération

    " Essential Killing est un film à propos duquel l’adjectif «radical» a quelque chose de chochotte et petit pied. Faisons tout de même avec, car l’idée de radicalité a le grand avantage d’être polysémique : elle fait autant résonner l’esthétique que le politique et renvoie aussi bien à des propriétés physiques que morales. "
    Olivier Séguret (article entier disponible dans Libération du 06/04/2011)
  • VSD
    VSD

    "Ce film au rythme inégal en déroutera certains, mais la prouesse de Vincent Gallo est hallucinante. Rarement aura-t-on vu, sous nos yeux, un homme devenir un loup pour l’homme avec une telle radicalité."
    A.S. (article entier disponible dans VSD n°3229, page 26)
  • Studio CinéLive
    Studio CinéLive

    " Le film est austère, interminable, volontairement obscur quand aux motivations du fugitif déshumanisé jusqu'à la caricature et ne dit rien si ce n'est 'Il faut tuer avant d'être tué.' "
    Véronique Trouillet (article entier disponible dans Studio CinéLive n°25, page 45)
  • Première (contre)
    Première (contre)

    " Skolimowski filme les grands espaces blancs cloisonnants comme personne, mais avec un titre aussi conscient de sa propre importance, on se demande bien où est passé l’essentiel. "
    Stéphanie Lamome (article entier disponible dans Première n°410, page 30.)
 

Avis des Spectateurs

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