Il y avait Arthur et Lauren, l'histoire d'un homme et d'une femme qui se croisent, se retrouvent, ne peuvent être là que l'un pour l'autre. Un conte de fée dramatique, touchant, ou l'émotion ébranle parfois son lecteur.
Marc Lévy faisait sensation avec son premier livre « Et si c'était vrai… », dont la fin mystérieuse laissait entrevoir une multitude de possibilités. Les fans s'impatientaient de voir l'adaptation cinématographique de ce petit bijou - dont les droits avaient été rachetés par Steven Spielberg (Dreamworks) -, chacun y allant de son commentaire, alimentant amplement les rumeurs sur le long-métrage à venir.
Et si c'était vrai… est aujourd'hui un film et la déception est palpable.
Mark Waters avait entre ses mains un très beau scénario, une histoire simple entre deux êtres, un roman sans prétention mais riche de qualité. Et, de cela il n'a su tirer qu'une comédie burlesque dénuée de substance, ou la légèreté remplace la profondeur. Entendons nous, les amateurs de comédie romantique apprécieront sûrement cette énième copie du genre, tout à fait divertissante et drôle à souhait. Pour ceux qui ont lu et aimé le livre, la chute risque d'être vraiment douloureuse… Chaque page du roman recélait une certaine poésie, l'atmosphère était à la fois romantique et insupportable tandis que chaque scène du film nous plonge dans un abîme de superficialité. Alors qu'Arthur et Lauren pouvaient se toucher, se sentir l'un l'autre, créer leur espace propre, ici Jack et Elizabeth (des noms plus américains ?) n'établissent pas ce lien permettant des scènes cocasses à répétition.
Même si l'adaptation d'un livre peut être libre, il est assez dommage que le réalisateur
Mark Waters n'ait pas cru bon d'utiliser la volupté délicate et la tristesse qui émanait du roman. Choisissant en effet un discours hollywoodien tout à fait terre-à-terre et une fin en papier mâché couleur rose bonbon, le tout se révèle bien trop sucré…
Sohini Gogel