Fighter est plus qu’un simple film sur la boxe. C’est l’histoire (vraie) d’une famille dont la vie tourne autour du « noble art ». En dehors du ring, c’est surtout contre sa famille et plus particulièrement contre sa mère et son grand frère, ou plutôt l’ombre de son grand frère que Micky devra se battre.
Alice (
Melissa Leo bluffante, et très justement oscarisée pour ce rôle) est une mère poule et une femme de poigne en même temps. Elle s’auto-déclare manager de Micky après avoir assuré la même fonction auprès de Dicky. C’est une femme courageuse et très maladroite, qui souffre et refuse de voir en face les problèmes de drogue de son chouchou.
Ainsi, les dérapages de Dicky sont toujours couverts, excusés que ce soit par sa mère ou par ses sœurs (qui semblent toutes plus moches et stupides les unes que les autres), et se poursuivent impunément jusqu’au dérapage de trop. Mais même au tribunal, même en prison, il continue à faire son show. Seule Charlene, jeune femme au caractère bien trempé, semble être capable de l’affronter et de lui dire à quel point c’est un raté.
L’interprétation que nous offre
Christian Bale est magistrale. On est loin, très loin des personnages héroïques et beaux gosses à la Bruce Wayne ou John Connor. Amaigri, le crâne dégarni, le gallois mérite amplement son oscar du meilleur second rôle. Il parvient à rendre attendrissant ce personnage atypique, grâce à son interprétation à fleur de peau et au plus près de ce qu’est le vrai Dicky Eklund.
Face à lui,
Mark Wahlberg, qui n’est pas d’habitude le premier à nous attendrir. Mais ici (bien que l’on sente parfois un peu trop les dix ans de plus qu’il a par rapport à son personnage), son jeu tout en retenue et sobriété nous touche profondément. L’acteur s’est réellement investi dans ce projet qu’il a porté pendant des années. Il a d’ailleurs été l’un des premiers à vouloir
David O. Russell (avec qui il avait déjà tourné) derrière la caméra. Il faut bien reconnaître que c’était là une idée des plus judicieuses.
En effet, si tous les acteurs assurent, il en est de même pour le metteur en scène qui a mis l’accent sur l’authenticité. Ainsi, il filme le quotidien de cette famille de façon crue mais toujours avec humanité. À cela, il ajoute quelques images d’archives sans jamais en abuser. Mais, le plus remarquable reste sans doute la façon dont sont filmés les matchs. On se croirait devant de réelles retransmissions télévisées grâce à des membres de l’équipe technique de la chaîne HBO (décidément très présente dans le film), et au dispositif installé, qui ont permis de réaliser ces scènes dans des conditions quasi réelles. Le résultat ? Tout simplement l’un des meilleurs films de l’année.
Julie Aït-Messaoud