Nat, l’intrépide, I.Q., le petit génie et Scooter, le goinfre, sont trois jeunes mouches du Texas des années 60 que l’ennui commence à envahir. A intervalles réguliers, les trois mouches voient les fusées décoller de Cap Canaveral et on parle d’aller sur la Lune. Pourquoi pas elles ?
C’est après nous avoir longuement présenté ses personnages archétypaux que sont les trois mouches, le grand-père mentor et les mamans inquiètes, que
Ben Stassen nous convie enfin au voyage vers la Lune.
Si au départ, comme beaucoup de films utilisant le procédé 3-D,
Fly Me to the moon fait un peu peur lorsqu’il se perd à se regarder faire de la prouesse technologique, avec de longs plans d’exploration des décors tout en relief, il prend une autre dimension à la seconde où l’action se déplace dans l’espace.
Dès que la fusée décolle, le film oublie (un peu) son humour pénible car très, très, très enfantin, il prend une autre dimension et devient cool.
C’est sur cet aspect que le film pourra plaire aux adultes qui ne retombent pas en enfance dès qu’ils voient Casimir ou à ceux qui se sont débarrassés avec joie de leur « âme d’enfant ». Les enfants seront pour leur part, déjà acquis à la cause du film vu que c’est un dessin animé, que c’est coloré (en plus d’être en 3-D).
Il faut voir les mouches Russes comploter, leurs espions tenter de saboter les commandes de la NASA et être combattues par des mouches blousons noirs et des mouches plus âgées, très vétérans de la 2nde Guerre Mondiale dans l’esprit… Mais il faut surtout voir les séquences spatiales, traitées de façon aussi pompeuse et énorme, musique symphonique à l’appui, que les gros films consacrées au sujet pour vraiment passer un bon moment. Second degré peut être, mais un bon moment quand même car cet aspect second degré est vraiment réussi pour peu que l’on y goûte, et les images sont vraiment impressionnantes. La 3-D fait son petit effet à de nombreuses reprises.
Ce n’est pas tous les jours que l’on voit des mouches au garde à vous devant la bannière étoilée comme si elles faisaient partie d’un gros film de Michael Bay (réalisateur émérite des légendaires
Armageddon et
Bad Boys 2). Et ce n’est pas non plus tous les jours que Buzz Aldrin en personne vient casser toute magie et voler les âmes d’enfants citées plus haut lors d’une scène finale tout simplement mythique, qui nous venge un peu de ces décennies de dessins animés débilitants qui ont fait prendre des vessies pour des lanternes à beaucoup de gens. Rien que pour ça et malgré son humour, souvent alarmant,
Fly Me to the moon est à voir !
Nicolas Laquerrière