Vous ne le saviez peut être pas, mais même le père Noël a une famille. Une maman un peu étouffante, une femme aimante, et surtout un frère aîné, Fred, qui a grandi dans l'ombre du culte que des milliers d'enfants lui vouent.
Cette injustice a traumatisé Fred, l'a rendu complètement désabusé et l'a éloigné de sa famille depuis des années. Mais suite à une énième bêtise, il se voit obligé d'aider son petit frère à la fabrique de jouets du pôle Nord et de se confronter à son passé...
Malgré un casting alléchant, et une bonne idée de départ ; braquer les feux des projecteurs sur le vilain petit canard de la famille Claus ; le film peine à trouver un rythme et un style.
Paul Giamatti, qui incarne le père Noël, n'apporte rien de plus aux représentations habituelles du vieux monsieur en rouge. De plus, l'histoire l'opposant au méchant entrepreneur capitaliste (
Kevin Spacey, frôlant le ridicule) voulant fermer l'usine de jouets est convenue, et vient complètement parasiter le sujet central du film.
Seuls
Kathy Bates, la maman de Santa Claus, et
Vince Vaughn tirent leur épingle du jeu en rendant leurs personnages bourrés de défauts attachants et humains. On en fini même par préférer le « sale gosse » à son petit frère, si lisse et si parfait.
L'acteur, dont c'est la deuxième collaboration avec le réalisateur
David Dobkin après
Serial Noceurs, prouve une fois encore qu'il est capable d'allier comique gestuel et verbal avec brio, et nous donne à voir les moments les plus savoureux du film comme cette séquence de thérapie de groupe des « Frères Anonymes » (avec la participation des frères de Sylvester Stallone, Bill Clinton et autres surprises) ou les retrouvailles familiales, sous l'oeil halluciné d'un psychiatre dépassé.
Malgré ces petites fulgurances, on a surtout l'impression que le réalisateur n'a pas su choisir entre faire un film grinçant ou un vrai conte de Noël. Les enfants seront sûrement dépassés par le second degré de Fred Claus et les adultes bailleront devant l'étalage de bons sentiments et de petits lutins.
Marianne Fakinos