Après
Daredevil,
Spider-man, les
X-men ou encore
Hellboy, un nouveau poulain de l’écurie Marvel se voit donc adapter sur grand écran : il s’agit de
Ghost Rider, le biker maudit condamné à pourchasser les évadés de l’enfer. L’histoire est simple : Johnny Blaze vend son âme au diable pour guérir son père. Mephisto, malin comme un singe, tient sa promesse. Il sauve Blaze senior avant de le tuer dans un accident de moto. Blaze junior le prend très mal et part, quitte à laisser derrière lui sa charmante petite amie. Bien des années plus tard, Johnny est devenu un cascadeur professionnel, adulé dans le monde masculin du cambouis et de la clé à mollette. Un jour, le diable revient toquer à sa porte, au moment même où il revoit sa dulcinée. « Salut, c’est Satan, tu te souviens que l’on a un contrat ? ». Blaze devient alors le Ghost Rider : lorsque le soleil se couche, il se transforme en démon pour traquer les âmes échappées de l’Enfer…
« Il portait des culottes, des bottes de moto, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos. Sa moto qui partait comme un boulet de canon, semait la terreur dans toute la région ». Qui eut cru que la chanson écrite dans les années 50, décrirait parfaitement
Ghost Rider ? C’est la seconde fois que
Mark Steven Johnson adapte au cinéma un héros Marvel puisqu’en 2003, il proposait le mauvais
Daredevil avec dans le rôle principal Ben Affleck. Transmettre sur pellicule l’esprit d’une bande dessinée - et notamment des excellents comics Marvel - nécessite un travail intense. Si
Sin City prouvait avec panache qu’une adaptation peut être réussie, l’étape du scénario semble avoir été oubliée sur
Ghost Rider, dont l’histoire, plate et sans surprises, ennuie durant 1h50. Autre élément essentiel pour une adaptation : le casting. En pantalon de cuir moulant,
Nicolas Cage se contente d’offrir une palette d’émotions fades qui contraste avec la noirceur de sa teinture. On ne retiendra d’
Eva Mendes que ses décolletés, tandis que
Peter Fonda et
Wes Bentley incarnent maladroitement les méchants. Un seul acteur sort du lot :
Sam Elliott, mâchant chique sur chique dans son rôle désormais attitré de vieux cow-boy sympathique.
Finalement l’essentiel du budget - 150 000 000 $ - semble avoir été consacré aux effets spéciaux. Ces derniers participent aussi à une adaptation convaincante, s’ils sont utilisés à bon escient. Tout le contraire de
Ghost Rider. Avouons cependant que l’allure enflammée du motard, crâne ardent et véhicule incandescent, n’est pas désagréable, et que certaines scènes, à défaut d’être réussies, restent spectaculaires : par exemple quand le Ghost Rider monte un building à la verticale sur sa moto embrasée, ou quand Johnny Blaze saute au dessus de cinq hélicoptères sur la longueur d’un terrain de football américain. Pour le reste, le long-métrage dérape lentement vers le navet hollywoodien avant de s’achever sur un happy end ridicule.
Mark Steven Johnson n’a pas du écouter jusqu’à la fin les paroles de « L’homme à la moto ». Sinon il aurait judicieusement fini
Ghost Rider en écrasant son héros sous une loco…
Alain Martino